Hadopi : pour Lescure, le mécanisme répressif est « incontournable »

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Après Aurélie Filippetti mercredi, c’est Pierre Lescure qui vient d’être interviewé par le Nouvel Obs. Alors que la mission qu'il préside n'est censée rendre ses conclusions qu'en mars 2013, l'intéressé vient à nouveau d'estimer le mécanisme répressif comme incontournable. Comme la ministre de la Culture, l’ancien PDG de Canal+ a encore pris position contre la coupure de l’accès à Internet.

 

Même s’il affirme ne vouloir en « rien présager sur l'issue des débats » qui vont avoir lieu suite à la mission qui lui a été confiée sur l’acte II de l’exception culturelle, Pierre Lescure persiste dans ses opinions. Comme à Avignon il y a quelques semaines, il vient à nouveau d’afficher sa préférence pour un mécanisme de sanction mais sans coupure de l’accès à Internet : « La coupure de l'accès à internet est contre-nature, et sert de chiffon rouge. Pourtant, à l'avenir, il semble incontournable de conserver un dispositif de surveillance et de sanction, mais ce ne sera pas le centre de l'action culturelle », explique l’intéressé au Nouvel Obs. L’ancien PDG de Canal + tente toutefois de faire passer la pilule : « Si on part de la sanction, on échouera. Il faut s'interroger sur le financement de la création et le développement de l'offre légale ».

 

D’après Lescure, le volet « sanction » est indispensable : « Il ne faut pas se voiler la face : la punition existe partout. Quand on ne paye pas dans le métro, on risque une amende. Et personne n'affirme que les droits de l'Homme sont bafoués ». L’ancien PDG de Canal + oublie un détail d’envergure : outre les sanctions prévues par Hadopi, la mise à disposition de fichiers a toujours été et demeure encore aujourd’hui considérée comme un acte de contrefaçon, puni d’une peine de trois ans de prison et de 300 000 euros d’amende, en vertu de l’article L 335-2 du Code de la propriété intellectuelle. La punition existait donc bien avant Hadopi, et demeurera même en cas de suppression de l’institution.

 

L’intéressé ne dit rien du comité de pilotage qui guidera ses travaux mais il a également profité de cette interview pour détailler un peu plus les contours de la mission qu’il préside. «Il s'agit d'une mission de concertation sur l'ensemble de l'économie culturelle à l'heure du numérique sous l'aspect du soutien au financement de la création, la protection des ayants droit, et sur le développement de l'offre légale. Le dispositif français d'encadrement de la Culture doit s'adapter avec la fin 2013 pour une échéance ». Hadopi aura alors 4 ans et demi. 

Par Xavier Berne Publiée le 03/08/2012 à 16:16
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