Riester et Toubon défendent le budget de la Hadopi, non la suspension

L'amende honorable 24

Après les propos d’Aurélie Filippetti critiquant l’efficacité et donc le budget de l’Hadopi, les rangs UMP au sein du collège de la haute autorité montent au créneau.

Jacques Toubon (Hadopi) Pascal Rogard (SACD) Nicolas Seydoux (ALPA, Gaumont) (photo mr)

« Ce qu’Aurélie Filippetti a dit est une erreur » estime sur France Info Jacques Toubon (UMP) membre du collège de la Hadopi. « L’argent que le contribuable a mis en quelque sorte dans la Hadopi a servi d’une part à faire diminuer le téléchargement illégal et d’autre part à faire qu’aujourd’hui il y a de plus en plus de plateformes numériques qui offrent des livres numériques, de la musique, des films et des vidéos dans des conditions légales. Simplement, il n’y en a pas assez et donc il faut qu’on confie à la Hadopi les pouvoirs d’une véritable autorité de régulation ce que la loi ne nous a pas permis de faire jusqu’à maintenant ». Pour l’ex-ministre de la Culture, « aujourd’hui, nos moyens sont extrêmement trop limités parce que la loi a été à mon avis trop frileuse  en ce qui concerne le développement de l’offre légale. »


Même son de cloche chez Franck Riester. Dans une dépêche AFP, il estime que la Hadopi « a tenu ses promesses, sur trois points: la labellisation des sites aux pratiques légales sur internet, la mise en œuvre de la mission d'Emmanuel Hoog pour le développement de la musique en ligne, et la riposte graduée, qui a produit des effets. »

Dans une interview au Nouvel Obs, l’actuelle locataire de la Rue de Valois considère qu’Hadopi n’a pas rempli sa mission sur le développement de l’offre légale. Elle pense que 12 millions d’euros pour 60 agents et 1 million d’emails, « c’est cher ». Et enfin que la suspension est « disproportionnée ».

Pas de remise en cause de la riposte graduée, silence sur la suspension

Comme souligné hier, Aurélie Filippetti ne remet pas en cause le principe de l’envoi des emails. Considérer que les premières planches du cercueil de la Hadopi sont en train d’être assemblées est bien imprudent, d'autant que François Hollande a depuis des mois abandonné l’idée d’une abrogation.


Autre fait intéressant, les réactions de Toubon et Riester se concentrent sur les critiques de Filippetti visant le budget. Ils ne réagissent pas sur la remise en cause de la suspension d’accès. Comme si cette issue était moins grave si ce n'est actée.


Rappelons que dans l’histoire de la Hadopi, la suspension et même la résiliation avaient été soutenues très tôt par l’ARP et par la SACD (p.5 et p. 6 de ce document). De son côté, la musique préférait davantage une approche radar à l’instar des dispositifs routiers avec amende automatique à la clef.

Publiée le 03/08/2012 à 10:02
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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