Twitter comme baromètre politique des élections américaines

Ou comme baromètre marketing? 35

Twitter a lancé hier son « Twitter Political Index », une sorte de baromètre politique destiné à mesurer l’approbation des utilisateurs du réseau social vis-à-vis des deux principaux candidats à l’élection présidentielle de novembre 2012. Mis à jour quotidiennement sur le site dédié « election.twitter.com », cet instrument statistique se veut complémentaire avec les outils de sondage traditionnels. C’est en tout cas ce que prétendent ses promoteurs, et notamment la société commerciale partenaire de Twitter pour cette opération.

twitter political index

 

Annoncé hier par Twitter, le Twitter Political Index va évaluer et mesurer quotidiennement les sentiments exprimés par les twittos à l’égard de Barack Obama et de Mitt Romney, candidats à la présidence des États-Unis. Le réseau social indique que cela nécessite de trier les 2 millions de tweets qui traitent précisément des deux prétendants, parmi les 2,8 milliards de tweets publiés environ chaque semaine.

 

Pour ce faire, le réseau social s’est associé à une société américaine spécialisée, Topsy. Cette dernière explique que sont prises en compte les références aux noms de famille des candidats, ainsi que toutes les mentions relatives à leurs comptes Twitter. Les termes des messages sont alors analysés, et chaque candidat se voit crédité d’un indice allant de 0 à 100. Selon Topsy, plus la note est haute, plus l'opinion générale est positive, et inversement.

 

Depuis hier, cet indice est librement consultable en ligne sur le site dédié, « election.twitter.com », et mis à jour quotidiennement. Il est également possible de voir l’évolution des courbes de chaque prétendant depuis le 1er mai.

 

twitter political index

Un baromètre politique qui se veut complémentaire

D’après Adam Sharp, qui présente le projet pour Twitter, le réseau social est devenu un lieu incontournable de discussions à caractère politique, aux côtés des habituels cafés ou restaurants. Selon lui, « l'indice complète les méthodes traditionnelles telles que les enquêtes (...). Il prête un nouvel éclairage sur les sentiments de l'électorat, mais n'est pas destiné à remplacer les sondages traditionnels - au contraire, il les renforce ». Et ce serait là la véritable différence d’avec les études d’opinion que l’on connaît actuellement : une analyse des tweets permet de saisir les sujets de préoccupation des twittos sans avoir à poser de question.

 

À ceux qui pourraient penser que les opinions recueillies sur Twitter seraient biaisées du fait que les utilisateurs du réseau social constituent une catégorie particulière de population, les promoteurs de l’opération répondent que les tendances de leur indice ont toujours correspondu avec celles de Gallup, célèbre institut de sondage américain.

 

« C'est comme si vous pouviez avoir chaque jour un aperçu des conversations sur les élections à travers tout le pays. Topsy analyse les tweets en temps réel pour comprendre de quoi parlent les gens et le rendre intelligible », explique Duncan Greatwood, responsable de la société américaine. Et on comprend facilement l’intérêt d’une telle entreprise à participer à cette initiative : un beau coup de pub et une démonstration de son savoir-faire pour extraire les précieux éléments que recèlent les tweets... Car ce qui fonctionne pour les hommes politiques marche aussi pour les marques, produits, services ou tout autre sujet intéressant le marketing.

 

topsy

 

Il y a quelques semaines, la société américaine IBM avait elle aussi annoncé qu’elle allait collecter et analyser différentes données relatives au « Web social » à l’occasion du tournoi de Roland Garros. Nous avions d’ailleurs pu nous rendre sur dans les coulisses de cet « IBM Social Sentiment Index » et constater que l’instrument était avant tout un outil marketing à destination des entreprises, basé sur les commentaires laissés par les internautes sur la toile  (Voir notre article : Dans les coulisses de l’IBM Social Sentiment Index à Roland Garros).

Publiée le 02/08/2012 à 10:41
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