Musique : le « piratage de proximité » plébiscité par les Américains

Bientôt le retour de la police de proximité ? 58

Aux États-Unis, 47 % des titres musicaux ont été acquis l'année dernière par du piratage « de proximité », c’est-à-dire par la copie d’un disque ou depuis un autre support de stockage tel qu’une clé USB ou un disque dur externe. C’est en tout cas ce que révèle une étude confidentielle de la RIAA, le bras armé de l’industrie musicale américaine, que se sont procurés nos confrères de TorrentFreak. La divulgation de ces informations semble ainsi conforter la récente étude des chercheurs du M@rsouin*, qui ont démontré il y a quelques semaines que les internautes français étaient de gros adeptes de ces techniques de partage, éloignées du giron de la Hadopi.

  riaa p2p (TorrentFreak)

Via TorrentFreak 

 

Extraites d’une étude du NPD Group sur la musique en ligne, ces deux colonnes représentent les méthodes d’obtention de musique aux États-Unis, en 2010 et en 2011. Alors que la riposte graduée américaine était programmée pour cet été, ces chiffres relativisent sérieusement la part du P2P dans l'ensemble du piratage, au moins en ce qui concerne la musique. Et on comprend ainsi un peu mieux pourquoi la RIAA tentait de garder le secret.

35 % de musique « payée » aux États-Unis en 2011

D’après cette représentation, seuls 35 % de la musique a été payée aux États-Unis en 2011. C’est toutefois trois points de plus que l’année précédente, grâce à la progression des téléchargements payants, qui sont passés de 16 à 19 % du total. Les CD ont quant à eux conservé leur proportion de 2010, mais sont désormais dépassés par le dématérialisé.

Le P2P et les hébergeurs loins derrière le « piratage de proximité »

Si une minorité de titres ont été obtenus de façon payante l'année dernière, 65 % l’ont été « gratuitement », au moins d’un point de vue commercial.  

 

Il est intéressant de remarquer que le « piratage de proximité » dépasse largement le P2P et les hébergeurs de fichiers. D’après l’étude du NPD Group, 27 % de la musique provenait d’une copie traditionnelle (gravure notamment), et 19 % d’un appareil de stockage externe, de type clé USB ou disque dur. Du côté du P2P, on atteignait « seulement » 15 % du total, et 4 % pour les hébergeurs de fichiers. En comparant avec 2010, on remarque que les RapidShare, MegaUpload, et consorts n’ont progressé que de 1 point, tandis que le P2P a carrément chuté de 21 % à 15 %.

 

Si l’on ne regarde que les acquisitions « non-payantes », il apparaît que le P2P et le direct download n'ont finalement représenté qu’un peu plus du quart des piratages de musique.

 

riaa acquisition illégale musique

Des pratiques similaires en France

Au début du mois de juillet, des chercheurs du M@rsouin observaient eux aussi en France une montée du piratage dit « de proximité » (étude complète disponible ici en PDF). Les résultats de leurs enquêtes indiquaient alors que « 43 % des internautes [français] utilisent ce moyen pour acquérir de la musique ». Que ce soit grâce à des disques durs, des clés USB ou même par téléphone portable, les auteurs de cette étude décrivaient cette pratique comme étant le « moyen le plus sur, le plus efficace, mais également le plus répandu pour acquérir des contenus illégaux ».

 

marsouin musique

 

*M@rsouin : Môle armoricain de recherche sur la société de l’information et les usages d’Internet.

Par Xavier Berne Publiée le 27/07/2012 à 10:25
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