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[Vidéo] Quelle politique culturelle dans un espace d'abondance ?

15 précieuses minutes

La Commission Culture du Sénat a organisé le 12 juillet dernier une conférence sur « les effets sociétaux de la révolution numérique ». Nous avons déjà évoqué l’intervention de Michel Boyon. Le Groupe d'Études Médias et nouvelle technologie avait également invité Marc Le Glatin, directeur du théâtre de Chelles, dont on retrouve ci-dessous l'intervention vidéo.

 

 

Durant une table ronde portant sur l'organisation de l’e-société et des institutions à l’épreuve du numérique, Marc le Glatin a évoqué la place de l’art et des politiques culturelles dans un contexte d’abondance.

 

Le directeur du théâtre de Chelles rappelle avant tout une évidence : dans le domaine économique, dès lors qu’il y a extinction de la rareté comme c’est le cas aujourd’hui sur Internet, « le prix n’est plus fixable. On quitte les repères habituels du marché ». Sauf que dans cette société en mutation, l’un des réflexes est de tenter de restaurer cette rareté par des mesures « qui s’en prennent parfois aux libertés fondamentales, à la vie privée, à la libre expression, au droit à un procès équitable comme ça a été évoqué pendant le débat Hadopi ».


Un message est ainsi transmis à ceux qui vont mettre à jour Hadopi au sein de la Mission Lescure et au-delà : tenez compte de ce mouvement, sautez-le pas, voyez ce qu'insufflent les nouvelles technologies sur le monde culturel : la déspécialisation, la déprofessionnalisation et la désacralisation dans le champ artistique.

 

Il pointe les pratiques du mix et du mashup sur Internet où chacun peut devenir producteur de contenu avec peu de moyens. Il considère ainsi qu’« il y a des moments où ce n’est pas aux usages à s’adapter au droit existant, mais au droit à s’adapter aux usages. Et si le droit doit évoluer, il doit prendre en considération le fait que le statut de l’art, le statut de l’artiste, et le statut même de la Culture est en voie d’évolution rapide et profonde. Il faut en tirer des conséquences, qui peuvent être assez radicales. Nous sommes entrés progressivement, mais rapidement dans le champ du bien commun avec la nécessité de faire appel à des circuits de financement des auteurs, des interprètes et des investisseurs, car il y a des investisseurs lourds, je pense au cinéma en particulier, qui doivent être rémunérés. Il faut rémunérer ces personnes-là, mais par des circuits qui relèvent plus de la mutualisation que de l’échange d’une unité d’œuvre contre un prix ».


L'auteur d'Internet, un séisme dans la Culture ? le concède : « ça fait très peur, mais ne vous inquiétez pas. On ne va pas vers la société des écrivains soviétiques. La sécurité sociale n’a jamais empêché qu’il y  ait des médecins libéraux ».

 

(Merci au Sénat pour la vidéo)

Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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Publiée le 26/07/2012 à 18:24

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