[MàJ] EMI : l'Europe souhaiterait réduire la part de marché d'Universal

Tout ce qui touche EMI n'est pas magique 48

Mise à jour : Selon Reuters, Universal Music devrait céder une grande partie de Parlophone Records, un label britannique très important d'EMI Music, ceci afin de contenter les désirs des autorités européennes de la concurrence et obtenir leur aval. Officiellement, Universal affirme avoir réalisé plusieurs concessions importantes répondant aux attentes de la Commission européenne. Aucun détail n'a cependant été dévoilé ni par Universal ni par Bruxelles pour le moment. La réponse finale de la Commission sera connue d'ici fin septembre.

Racheté par Universal Music pour 1,5 milliard d'euros environ en novembre dernier, le britannique EMI Music n'est pas encore officiellement la propriété de la major musicale n°1 au monde. L'acquisition doit en effet recevoir l'aval des autorités européennes de la concurrence, qui ont lancé une enquête approfondie en mars dernier. Or, d'après l'agence de presse Reuters, ces autorités attendent d'Universal de nombreuses concessions. Le but serait notamment de limiter à 40 % maximum la part de marché de la société dans certains pays européens.

EMI Music

Un géant qui deviendra colosse

Sans EMI, Universal est déjà un géant captant dans certains pays entre 30 et 50 % du marché à lui seul. Une étude récente indiquait notamment qu'Universal contrôlait 44 % du marché français en valeur. Avec EMI, son avance sur Sony Music et Warner Music sera ainsi abyssale dans la plupart des pays développés. Afin de limiter cette avance, les autorités européennes de la concurrence souhaiteraient forcer Universal a faire de nombreuses concessions croit savoir Reuters. L'agence de presse précise par ailleurs qu'Universal doit présenter ses propositions de cessions d'actifs d'ici le 1er août prochain, soit dans moins d'une semaine.

La semaine passée, nous apprenions via Bloomberg qu'Universal Music pourrait céder plusieurs labels importants, dont Virgin Records, EMI Classics, Capitol Records et Parlophone Records. Des labels qui regroupent de nombreux albums d'artistes connus, dont Coldplay, The Chemical Brothers, Sex Pistols, Ben Harper, Blur, Sigur Ros, Gorillaz, Lenny Kravitz, The Verve, David Guetta, Beastie Boys, Kylie Minogue, Katy Perry, LCD Soundsystem, Norah Jones, les Rolling Stones, etc.

Empêcher Universal d'écraser certains marchés européens

Selon deux sources proches du dossier, le but de la Commission européenne serait de diminuer la part de marché du duo Universal/EMI à 40 % dans certains pays européens, notamment au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, en Grèce, en Suède, voire en Allemagne.

Dans le monde entier, Universal et EMI captent 36 % du marché. En Europe, l'importance du duo est cependant bien plus élevée. Cela explique pourquoi la Commission européenne s'intéresse particulièrement à cette acquisition sur son propre territoire, outre qu'Universal appartienne au Français Vivendi et qu'EMI soit Britannique. Notons qui plus est que les autorités américaines de la concurrence ont aussi leur mot à dire. Les dirigeants d'Universal Music devraient d'ailleurs rencontrer des représentants de la FTC la semaine prochaine selon plusieurs sources. Le sort de cette acquisition pourrait donc se jouer début août.

L'échec n'est pas permis pour Vivendi

D'après l'agence Reuters, Vivendi, la maison-mère d'Universal Music, est la seule à assumer les éventuels problèmes liés aux autorités de régulation. « En cas de report ou de blocage de l'opération, Vivendi serait tenu de verser 1,1 milliard de livres à Citigroup le 10 septembre » prochain précise l'agence.

Or Joaquin Almunia, le vice-président de la Commission européenne et commissaire à la Concurrence, a déclaré hier que les négociations avec Universal étaient « très difficiles. (...) Il y a aura beaucoup de travail à faire sur cette fusion. »

Selon Reuters, les autorités européennes de la concurrence rendront leur décision définitive d'ici mi-septembre si Universal propose des concessions.

Publiée le 30/07/2012 à 08:19
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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