Nouvelle baisse de 5 % pour le marché de la vidéo au premier semestre 2012

Réchaud 39

D’après le Syndicat de l’édition vidéo numérique (SEVN) les derniers chiffres du secteur de la vidéo ne sont une nouvelle fois pas très bons : au premier semestre 2012, le marché a encore baissé, de l’ordre de 5 %, et ce malgré la vigoureuse croissance de la VOD et des Blu-ray. L’occasion pour le SEVN d’en appeler au Gouvernement, et de faire entendre sa voix à quelques semaines de l’ouverture officielle de la mission Lescure.

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Le DVD fait chuter le marché de 5 %

Les tendances se confirment pour le marché de la vidéo : après avoir connu une chute de 2,7 % en 2011, DVD, Blu-ray et VOD ont subi dans l’ensemble une nouvelle diminution au cours du premier semestre 2012, de l’ordre de 5 %. Sur les six premiers mois de l’année, le marché a représenté un total de 600 millions d’euros, contre 630 millions à la même période de l’année dernière.

 

Atteignant un montant de 500 millions d’euros, le marché physique (Blu-ray et DVD) diminue de 8 % par rapport au premier semestre 2011, représentant malgré tout 83,5 % du marché global. Dans le détail, le chiffre d’affaires des DVD chute de 13 %, tandis que celui des Blu-ray augmente de 20 %. Seulement, étant donné la domination du DVD, le Blu-ray peine à faire remonter le reste du marché physique : sur les six premiers mois de l’année, le DVD représentait encore 80 % du marché, contre 85 % au premier semestre 2011.

 

Selon les « premières estimations » du SEVN, le marché dématérialisé se porterait bien, puisque la VOD aurait progressée d’environ 20 à 25 % entre janvier et juin 2012. Son chiffre d’affaires serait ainsi supérieur à 100 millions d’euros, alors que celui-ci était de 86 millions d’euros à la même période de l’année dernière.

 

Le SEVN conclut ainsi : « la baisse du DVD n’est donc pas compensée par la croissance du Blu-ray et de la VOD ».

Des mesures réchauffées : riposte graduée, responsabilisation des annonceurs...

L’exposition de ces chiffres terminée, le SEVN en vient très clairement à demander « au nouveau Gouvernement de mettre en place dans les prochains mois un cadre institutionnel soutenant les efforts d’offre et d’innovation des acteurs du secteur ». Cette requête est présentée comme d’autant plus opportune que « la mission Lescure est appelée à se pencher sur les enjeux de l’avenir des industries culturelles en France », formellement d’ici septembre.

 

Sans ambiguïté, les membres du SEVN appellent au maintient de la réponse graduée, dont est chargée la Hadopi depuis 2010. Mais ils ouvrent aussi de nouvelles perspectives, notamment sur des moyens de piratage non pris en charge par la Haute autorité, comme le streaming. Pour le syndicat, « les sources de financement des sites qui font commerce de liens vers des contenus piratés » doivent être « bloquées ». De plus, « les centrales d’achat publicitaire doivent être empêchées d’enrichir ces sites et les intermédiaires de paiement doivent être incités à ne pas passer d’accords avec eux ».

 

Ces demandes ne sont toutefois pas nouvelles... Au début du mois d’avril, à quelques semaines du premier tour des élections présidentielles, le SEVN avait déjà affiché son soutien à la riposte graduée et à des mesures permettant de responsabiliser les annonceurs. À l’époque, il était même question que l’État prenne en charge le surcoût lié aux demandes de blocages (voir notre article : L'Édition vidéo veut mettre les surcoûts du blocage à la charge de l'État).

 

Comme en avril, le SEVN s’est redit « favorable à des expérimentations contractuelles transparentes visant à la réduction progressive du délai de sortie en vidéo », évoquant cette fois « des sorties vidéo avant quatre mois ». Enfin, il fut également question de fiscalité, puisque le syndicat a rappelé qu’il continuait « à demander que la vidéo physique et la vidéo dématérialisée bénéficient du même taux de TVA que la télévision et le cinéma ». Un taux de TVA réduit, bien entendu. 

Par Xavier Berne Publiée le 16/07/2012 à 12:14
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