WikiLeaks remporte une manche contre Visa-Mastercard en Islande

Jeu, set mais pas match 64

Wikileaks a gagné hier un procès qui l’opposait à Valitor, une société islandaise partenaire de Visa et Mastercard. Le tribunal a estimé que l’entreprise violait les contrats passés avec le célèbre site fondé par Julian Assange, et devait donc rétablir le versement des dons dont il bénéficiait, sous peine d’amende.

Rupture de contrat abusive

La cour de district de Reykjavík, en Islande, a tranché hier en faveur de Wikileaks. Dans leur décision, les juges ont considéré que la rupture des services proposés par Valitor (anciennement Visa Islande) n’était pas conforme aux contrats qui liaient l’entreprise avec le site Wikileaks. Si d’ici le 26 juillet la firme islandaise ne rétablit pas ses services, elle s’exposera alors à une amende de 800 000 couronnes, soit un peu plus de 5 000 euros, pour chaque jour de manquement.

 

Dans un communiqué, Julian Assange s’est félicité de cette décision : « C'est une victoire considérable face à la tentative de Washington de réduire WikiLeaks au silence. On ne nous fera pas taire. La censure économique, c'est aussi de la censure. C’est mal. D’autant plus mal lorsque cela est fait en violation de la loi ». Et ce dernier d’ajouter : « Les uns après les autres, ceux qui sont impliqués dans la tentative de censure de Wikileaks vont se retrouver du mauvais côté de l'histoire. »

Un jugement qui ne dépasse pas les frontières de l'Islande

Reste désormais à savoir quel sera l’impact de cette décision, quand bien même la société islandaise décidait d’acheminer à nouveau les dons vers les comptes de Wikileaks. D’après le Guardian, Visa International a déclaré que ce jugement ne s’appliquerait pas au-delà de l’Islande, et qu’elle n’autoriserait toujours pas les utilisateurs de cartes Visa à effectuer des dons en faveur de Wikileaks. Autrement dit, le lien entre Wikileaks et l’intermédiaire Valitor serait rétabli, mais il n’en serait pas forcément de même pour celui liant les banques à Valitor.

 

Nos confrères rappellent que de grandes institutions financières comme Western Union, Paypal, Mastercard ou Visa, ont cessé de traiter les transferts d’argent à destination de Wikileaks en décembre 2010, peu de temps après que le site divulgue plusieurs milliers de câbles diplomatiques américains.

Par Xavier Berne Publiée le 13/07/2012 à 14:25
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