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Auditionné, le président de l'ARCEP revient sur l'arrivée de Free Mobile

Audition libre

Jean-Ludovic Silicani, président de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a été auditionné hier matin par la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. À cette occasion, il est revenu sur la panne survenue la semaine dernière sur le réseau Orange, ainsi que sur l’arrivée de Free sur le marché mobile français (la vidéo est disponible ici). 

silicani

 

Questionné à de multiples reprises par les députés s’agissant des conséquences de l’arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile, le président de l’ARCEP a apporté de nombreuses réponses aux parlementaires. « Dans tous les autres grands pays d’Europe, il y a quatre grands opérateurs fixes/mobiles, donc je ne vois pas ce qui en France pourrait créer une situation particulière » a expliqué Jean-Ludovic Silicani, rappelant que l’attribution d’une quatrième licence était une idée « en l’air depuis 2000 ». Il a toutefois « volontiers » ajouté que si les opérateurs historiques « avaient pensé en 2006, en 2007, en 2008... à passer un accord de full MVNO avec Free, (...) peut-être que Free n’aurait pas fait son réseau ». Et ce dernier de conclure : « Ce sont des choix stratégiques qu’ils ont fait, en bloquant l’arrivée des full MVNO ».

 

À ceux qui estimaient que l’attribution de cette licence était « inéquitable », Jean-Ludovic Silicani a évacué la question en rappelant que le Conseil d’État avait récemment affirmé que le montant acquitté par Free n’était « pas manifestement erroné ». « On ne peut pas dire que cette licence a été attribuée de façon inéquitable ».

 

S’agissant du respect de ses obligations, le président de l’ARCEP a assuré que Free tenait tous ses engagements, rappelant que l’autorité administrative avait effectué deux contrôles, qui avaient tous deux révélés que l’obligation de couverture de 27 % était respectée. Pour rappel, ces mesures ont récemment été remises en cause devant le Conseil d’État, les syndicats des opérateurs mobiles historiques lui ayant demandé le mois dernier de « déjuger » l’ARCEP au sujet de la couverture de la population de Free Mobile, et d’obliger l’autorité administrative « à appliquer la procédure de sanction prévue » en cas de manquement aux obligations de couverture.

L’objectif de baisse des prix « atteint »

Jean-Ludovic Silicani est ensuite revenu sur les conséquences économiques de l’arrivée de Free. D’après lui, l’objectif premier a été « atteint » : « les prix ont baissé ». L’intéressé a toutefois relativisé cette donnée : « La baisse du prix est d’abord liée à la liberté (...) de ce qu’on achète, (...) et au fait que les offres de Free apportent moins de services que celles des autres opérateurs. Certains consommateurs préfèrent avoir des services plus « humains » » (hotline, conseils en magasin,...). Dès lors, « il ne faut pas penser que tout le marché va baisser au niveau des prix de Free », d'après le président de l'ARCEP.

« Le marché ne s’est pas effondré »

S’agissant de l’impact de Free sur le secteur de la téléphonie mobile, Jean-Ludovic Silicani note que les chiffres du premier trimestre 2012, celui où Free « a capté 2,6 millions d’abonnés en deux mois », il y a eu une « augmentation en volume du marché » avec un million d’abonnés supplémentaires, tous opérateurs confondus.  Le président de l’ARCEP remarque par ailleurs que les volumes de consommation de données ont augmenté « de manière gigantesque », de l’ordre de 50 % en un trimestre, avec une forte hausse aussi du côté des SMS. « Cette combinaison de la baisse des prix et de l’augmentation en volume fait que le marché, en valeur, en chiffre d'affaires n’a baissé que de 2,8 % au premier trimestre 2012. C’est-à-dire moins qu’aux différents trimestres de l’année 2011 ». Et Silicani de conclure : « Non seulement le marché ne s’est pas effondré, mais il a moins baissé qu’en 2011 ».

 

S’agissant du cas de Bouygues Telecom, Jean-Ludovic Silicani note : « Après, il y a le marché global et la situation de certaines entreprises ». « Bouygues est celle qui a le plus de conséquences négatives [du fait de] l’arrivée de Free (...) la plus déstabilisée » a-t-il affirmé aux parlementaires. Le président de l’ARCEP a également évoqué (sans jamais la mentionner explicitement) la récente lettre envoyée par Martin Bouygues aux députés. Il a ainsi expliqué que le « ton » de « certains collaborateurs » du patron de Bouygues Telecom était bien souvent « différent » des propos tenus par ce dernier.

Emploi : suppression nette d'environ 1 000 postes

Sur les destructions d'emploi, le président de l’ARCEP s’en est tenu à deux annonces, faites par Bouygues Telecom et SFR, conduisant à des plans d’incitations aux départs concernant « à peu près 1 600 postes » au total. Silicani a également évoqué les emplois indirects, avançant « un chiffre d’environ 1 500 emplois qui pourraient être touchés ». Seulement, l’intéressé note qu’il y a « des baisses tendancielles dans le secteur des télécoms, indépendamment de l’arrivée de Free, et il est assez pratique de mettre sur le dos de l’arrivée d’un quatrième opérateur l’ensemble des suppressions d’emplois ».

 

Côté création d’emplois, Silicani affirme avec certitude que « Free a créé 2 000 emplois », « notamment dans deux centres d’appels nouveaux qui ont été créés en région parisienne ». « Il y a encore des emplois significatifs qui devraient être crées d’ici à la fin de l’année » a-t-il également ajouté. D’après ses calculs, le président de l’ARCEP conclut à « une suppression nette d’environ 1000 emplois », correspondant aux 3000 emplois supprimés et aux 2000 récemment créés.

 

Publiée le 12/07/2012 à 10:19

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