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Itinérance, 4G : Martin Bouygues dénonce Free auprès des parlementaires

Il faut réduire l'espace alloué aux Romanichels

Six mois après l'arrivée de Free Mobile, les réactions des opérateurs mobiles historiques continuent. Martin Bouygues, le patron de Bouygues Telecom, vient ainsi de contacter les parlementaires français dans une lettre que nous avons obtenue, afin de leur soumettre son point de vue sur le nouvel entrant. Le patron du troisième opérateur mobile souhaite principalement que Free Mobile ne puisse plus profiter de son accord d'itinérance avec Orange passé 2018, ni d'un accord d'itinérance 4G en dehors du cadre réglementaire.

Bouygues Telecom emploi

"Une spirale autodestructrice"

Pour Martin Bouygues, le « bilan est sans appel », explique-t-il dans ce courrier dont l'existence a été révélée par Le Figaro. L'arrivée de Free Mobile et ses nombreux avantages (itinérance, tarifs de la licence 3G, etc.) sont les causes de la situation actuelle menant aux 556 départs prévus chez Bouygues et au futur plan de départs de SFR. Selon le patron de Bouygues Télécom, le marché du mobile en France était auparavant créateur d'emploi et innovant. Ce n'est plus le cas.

 

Désormais, depuis l'arrivée de Free Mobile, ce secteur rime avec licenciements et des investissements en berne car « pris dans une spirale autodestructrice. (...) C’est la première fois qu’une disposition de cette nature et de cette ampleur est envisagée dans le groupe Bouygues » explique le PDG, tout en faisant remarquer que ces départs n'ont pas pour but de défendre une "rente" « ou encore des profits ou des marges qui seraient indécents ».

Réduire les potentiels futurs avantages de Free Mobile

Le problème principal du secteur est donc Free Mobile, Martin Bouygues ne s'en cache pas dans sa lettre adressée aux parlementaires français. S'il ne souhaite pas l'éradication du quatrième opérateur mobile, le patron de Bouygues Télécom désire toutefois que Free soit moins avantagé, et plusieurs solutions existent.

 

La solution la plus simple serait tout d'abord de réduire les avantages de Free Mobile, et plus précisément ses potentiels futurs avantages. Martin Bouygues explique ainsi qu'il faudrait empêcher Free de reconduire son actuel contrat d'itinérance avec Orange 3G, qui court jusqu'en 2018. « C’est la seule façon d’inciter le quatrième opérateur à lancer réellement ses investissements dans son réseau mobile, investissements qui engendreront de l’emploi et qui rétabliront l’égalité concurrentielle. »

Pas d'accord 4G national pour Free

Outre cet accord d'itinérance 3G, Bouygues espère que les conditions actuelles pour la 3G ne se répèteront pas avec la 4G. Si Free profite des réseaux de quatrième génération d'un autre opérateur (probablement SFR ou Orange) dans certaines zones, Martin Bouygues espère bien que le futur accord d'itinérance de Free Mobile ne dépassera pas ces zones et donc le cadre règlementaire. Empêcher Free de réaliser avec la 4G un accord équivalent à celui de la 3G l'obligera à investir et par conséquent à être sur un pied d'égalité avec les autres opérateurs estime Martin Bouygues.

Diviser Orange, et donc l'affaiblir ?

Si Free devait par exemple signer un accord d'itinérance 4G national avec Orange à l'instar de son accord 3G actuel, Bouygues estime que cela « aurait pour conséquence de distordre encore plus la concurrence et d’aggraver très fortement le déséquilibre actuel. Elle devrait alors, par souci de justice, comme dans le secteur du transport ferroviaire, aboutir rapidement à une séparation fonctionnelle entre Orange, entité commerciale, et France Télécom, structure gérant des réseaux d’infrastructures disponibles pour tous les opérateurs. » 

 

Pour Martin Bouygues, le marché mobile français a « besoin d’un environnement plus juste ». Pour cela, forcer Free Mobile à investir est primordial. S'attaquer aux potentiels futurs accords d'itinérance est la principale solution trouvée par le patron de Bouygues Télécom. Reste à savoir si cette lettre trouvera écho auprès des parlementaires français.

Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 11/07/2012 à 10:03

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