Thunderbolt : il n'y aurait aucune baisse de tarif avant l'année prochaine

Mais au moins presque tout le monde pourra en « profiter » 20

Depuis plus d’un an qu’Apple commercialise des solutions Mac équipées de ports Thunderbolt, on s’attend à ce que l’utilisation de cette connectique décolle vraiment. Pour l’instant, ce n’est tout simplement pas le cas. Il existe un facteur majeur à cet état de fait : les tarifs. Tout ce qui est basé sur le Thunderbolt est cher, voire très cher. Et la situation ne devrait pas changer avant l’année prochaine.

La quasi-totalité des Mac est maintenant équipée d’au moins un port Thunderbolt. Sur les derniers MacBook Pro avec écran Retina, on en trouve même deux, alors que le Mac Pro, peu renouvelé, n’en possède toujours pas. Les performances de cette connectique vont bien au-delà de la concurrence, puisque l’on peut grimper théoriquement jusqu’à 10 Gbps. Des performances exploitées par certains équipements haut de gamme, notamment des unités de stockage externes basées sur des SSD.

Seulement voilà, le Thunderbolt coûte très cher. Si l’on prend par exemple le Little Big Disk de Lacie dans sa forme la plus petite, à savoir 1 To en 5400 tpm, il faut débourser plus de 340 euros. Un problème que l’on retrouve sur des hubs, tels que le Thunderbolt Express Dock de Belkin annoncé au prix exorbitant de 399 dollars. Le pire étant sans doute qu’aucun de ces produits n’intègre le câble lui-même. Or, il faut repasser à la caisse et débourser au minimum 45 euros supplémentaires.

Des composants onéreux et un traitement actif du signal

Certaines explications fournies par Ars Technica permettent de mieux comprendre le pourquoi de ces tarifs. John Mitchell, responsable marketing de la société Intersil (qui fabrique des puces de traitement du signal), a indiqué que tous les câbles actuellement en vente (y compris celui d’Apple) sont basés sur l’émetteur-récepteur Genum. Or, ce dernier est constitué de silicium et de germanium, un semi-conducteur très onéreux que l’on retrouve dans l’industrie des télécommunications.

La puce Genum est construite par la société Semtech. Mitchell estime que la solution s’est répandue, car elle existait déjà au moment où Apple et Intel ont cherché des composants répondant notamment à une exigence absolue : pouvoir gérer un flux bidirectionnel de 10 Gb/s.

Le responsable explique en outre que Thunderbolt a été construit pour être une solution « robuste » : le signal est traité activement par le câble et nettoyé. Le constat est vrai aussi bien pour les versions basées sur le cuivre que sur la fibre optique. Cela nécessite malheureusement d’autres puces, notamment une pour délivrer un signal sur 3V, une autre pour l’alimentation optionnelle 15V ou encore quatre circuits intégrés à chaque extrémité du câble. Il faut ajouter le prix de la fibre optique elle-même ou celui du cuivre de « haute qualité ».

Des câbles moins chers dans quelques mois ?

Si nos confrères se sont intéressés à Intersil, c’est parce que ce constructeur serait le seul pour le moment à préparer une solution moins onéreuse : réduire le nombre de puces. Ainsi, le microcontrôleur et l’émetteur-récepteur seraient réunis. Même traitement pour les puces chargées de l’alimentation : une seule serait nécessaire. Intersil prévoit cette solution pour la fin de l’année en utilisant un processus de gravure CMOS en 40 nm pour réduire encore les frais et obtenir des puces chauffant moins et donc nécessitant moins de structures de dissipation thermique.

Intersil compte commercialiser sa solution à la fin de l’année, en promettant beaucoup : « Notre solution utilise deux fois moins de puces, est deux fois moins épaisse, utilise deux fois moins d’énergie et des conducteurs moins chers peuvent être utilisés. D’ici à la fin de l’année, les câbles seront moins chers ». Deux fois moins ?

Il est plus que temps que les tarifs évoluent en tout cas. La technologie va largement se déployer au fur et à mesure, et ce ne sont pas les produits présentés lors du dernier Computex qui pourront contredire cette évolution.

Publiée le 04/07/2012 à 16:16 - Source : Ars Technica
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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