S'identifier / Créer un compte
  • Actualités
  • Dossiers
  • Tests
  • Commentaires
  • INpactiens
Publicité

Édito : Google+, à la croisée des chemins

Le problème, c'est le choix

Cette semaine, Google+ a refait surface dans l’actualité, ce qui n’était pas arrivé depuis de longs mois. Il faut dire que le réseau social de Google est proche de sa première année et que la conférence LeWeb à Londres a permis aux employés de Google de mettre en avant diverses nouveautés (ici et ). Après un an d’activité, phase bêta comprise, Google+ ne semble cependant par susciter une véritable effervescence, que ce soit de la part des utilisateurs, des journalistes et des investisseurs. Tentons diverses explications.

Google+ PCINpact

Les utilisateurs de G+ n'ont pas quitté Facebook pour jouer

Parmi les nouvelles sur Google+ relayées ces dernières semaines, l’une des plus « mauvaises » a concerné l’abandon du réseau par PopCap (EA) et Wooga, deux sociétés développant des jeux, dont le fameux Bejeweled. Pour Google+ et ses ambitions, c’est une claque. Pour les utilisateurs du réseau, cela n’est guère étonnant.

En effet, ceux qui ont quitté Facebook pour Google+ ne l’ont pas fait pour réaliser les mêmes actions sur leur nouveau réseau social. Si certains ont abandonné le réseau social de Mark Zuckerberg, c’est (entre autres) pour éviter les publicités, fuir les notifications liées aux jeux sociaux, relever les débats, etc. En somme, échapper à Facebook, y trouver quelque chose de différent.

Si nous ne savons pas concrètement si les jeux sociaux sont un échec ou non sur Google+ (Google communique peu à ce sujet), il ne serait pas surprenant qu’une faible part des utilisateurs du réseau soient d’importants joueurs, au contraire des membres de Facebook. La société Wooga a d’ailleurs expliqué avoir supprimé certains jeux de G+ pour la simple et bonne raison qu’ils ont plus d’adeptes sur FB et qu’ils sont, qui plus est, actifs. De là à croire que la plupart des utilisateurs de G+ ne sont pas actifs…

G+ est ce qu'en font les utilisateurs

Bref, ce qui représente le mieux un réseau social, ce sont ses utilisateurs et ce qu’ils font de la plateforme. Et sur ce point, Google+ paraît très différent de Facebook, que ce soit au niveau des usagers grand public et professionnels. Ceci certainement au grand dam de Google. Bien sûr, comme l’a lui-même affirmé Bradley Horowitz (VP Produit chez Google) lors de LeWeb, G+ n’est pas qu’un réseau social, c’est aussi « un point de connexion central » rapporte Le Monde.

Il faut dire que Google a relié son réseau social à son moteur de recherche, YouTube, Picasa, Gmail, Docs, Reader, etc. Peu importe le service de Google utilisé, il est possible d’accéder et de poster sur son compte G+. Les conséquences sur YouTube sont d’ailleurs importantes pour les utilisateurs, puisque la page d’accueil de la plateforme vidéo affiche les vidéos partagées par les contacts G+. C’est un luxe fondamental que ne peut s’offrir Facebook.

Le taux d'activité en question

Toutefois, malgré les avantages importants de G+, la sauce ne semble pas prendre. Certes, du fait de son intégration importante, le réseau compte un grand nombre d’inscrits. 170 millions ont été comptabilisés en avril dernier. Mais quel est le nombre d’actifs ? Facebook compte aux dernières nouvelles 901 millions d’inscrits pour 526 millions d’actifs mensuels, soit un taux d’activité de 58,3 %.

Si G+ affichait un taux similaire, cela signifie qu’il compterait 100 millions d’actifs, ce qui en ferait l’un des réseaux sociaux les plus importants du globe. Cependant, strictement aucune donnée ne nous permet de croire que G+ affiche un tel taux. Bien au contraire, certaines informations laissent plutôt penser que ce taux est bien plus faible. Le silence de Google sur le sujet renforce cette idée que le niveau d’activité est bas sur G+ par rapport à son nombre d’inscrits. Une étude de comScore au début de l’année affirmait d’ailleurs qu’en moyenne, un visiteur de Facebook y passait 405 minutes par mois, contre… 3 minutes pour G+.

Oui, à l’heure actuelle (ne jouons pas à Madame Soleil), G+ est bien loin de supplanter Facebook. Mais est-ce un problème ? Pas forcément. On l’a bien vu, le but de Google est de relier la plupart de ses services. Sa nouvelle politique de confidentialité unifiée mise en place il y a quelques mois en est la plus belle preuve. Derrière G+, se cache en fait la volonté pour Google d’obtenir plus d’informations sur ses utilisateurs, ceci afin d’améliorer l’interactivité (et la publicité) entre les utilisateurs et ses différents services.

Que G+ soit un succès ou non est secondaire

« Dans le passé, les internautes n'avaient pas une relation persistante avec Google. Désormais, ils peuvent nous dire qui ils sont, où ils habitent, et cela se traduit par des services de meilleure qualité, dans la recherche, dans Gmail, ou sur YouTube. Nous avons introduit des fonctionnalités sociales dans tous nos services » a ainsi résumé Horowitz, il y a quelques jours. La clé est ici. En un sens, que les utilisateurs de Google+ soient inactifs est secondaire. Le plus important pour Google, tout du moins dans un premier temps, est que les utilisateurs de son moteur de recherche, de YouTube, de Docs, de Gmail, etc. créent un compte sur G+ et y fournissent un maximum d’informations sur eux. Ensuite, s’ils ne partagent rien ou même ne lisent jamais sur G+, ce n’est pas si dramatique.

Reste alors une question majeure : quelle orientation doit donner Google à son réseau social G+ ? Faut-il le rapprocher absolument de Facebook, ce qu’il semble parfois arriver ? Google doit-il tout faire pour se démarquer et proposer des nouveautés (si cela est possible) ? Ou alors se contentera-t-il de relier la plupart de ses services comme il le fait depuis quelques mois, ceci afin de multiplier les informations sur ses utilisateurs, et rendre ces derniers plus dépendants que jamais ?

Aujourd’hui, Google+ est à la croisée des chemins. Le réseau social fêtera sa première année jeudi prochain et son potentiel reste gigantesque. « Nous n'en sommes qu'à nos débuts » a ainsi rappelé Bradley Horowitz ce mardi. Reste qu’un doublon de Facebook ne présente aucun intérêt. G+ n’est pas Facebook. G+ ne doit pas devenir Facebook et se monétiser à tout-va. Google doit garder cela en tête s'il veut garder un minimum de crédibilité à son réseau social. Dans le cas contraire, G+ restera un service secondaire.

Les comptes G+ de PC INpact :
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

Google+

Publiée le 23/06/2012 à 09:30

Soutenez l'indépendance de Next INpact en devenant Premium

  • Tout le contenu de Next INpact sans pub
  • Et bien plus encore...
;