Profile Engine : le droit à l'oubli aux oubliettes

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Grâce à son moteur de recherche, Profile Engine permet aux internautes de découvrir diverses informations publiées publiquement sur Facebook par les utilisateurs du célèbre réseau social. Pour ce faire, le site utilise des copies d’informations collectées par ses soins, ce qui signifie que même lorsqu’elles ont été effacées sur un compte original, ces données se trouvent toujours à la disposition du public.

pcinpact engine profile
Extrait d'un groupe Facebook relatif à PC INpact (désormais effacé), tel que disponible sur Profile Engine.

Depuis 2007, Profile Engine se présente comme un moteur de recherche dédié à Facebook. Même s’il fait également office de réseau social, où il est possible de créer un profil et d’interagir avec ses relations, le site met surtout en avant ses outils d’exploration des informations publiées publiquement sur le site créé par Mark Zuckerber.

Des informations relatives à 420 millions de comptes Facebook sauvegardées

À partir de la recherche d’une personne, vous pouvez librement et gratuitement accéder à la sauvegarde de nombreuses informations publiées sur son compte Facebook. Toutes les données considérées comme « publiques » ont précédemment été dupliquées par Profile Engine, puis mises à disposition du public sur Internet.

Plus précisément, le site permet d’avoir accès à la photo de profil du propriétaire d’un compte Facebook, à ses amis, aux groupes publics dont il est membre, aux liens de vidéos qu’il a pu poster... Il n’est en revanche pas possible de consulter les statuts ou des photos autres que celle du profil. Les groupes sont également concernés, ce qui signifie que dès lors que la page d’un groupe Facebook est « publique », il est possible d’avoir accès à des informations concernant ses membres et aux messages qu’ils ont pu y poster (voir ci-dessous  l'exemple de l'ancienne page du groupe relatif à PC INpact).

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Avant d’effectuer cette collecte de données, Profile Engine assure avoir obtenu l’aval de Facebook, qui l’aurait autorisé en 2008 à indexer les informations publiques disponibles sur son réseau social. Depuis, le site géré par une société néo-zélandaise prétend avoir réussi à collecter les données relatives à 420 millions de comptes, soit presque la moitié des utilisateurs de Facebook, ainsi qu’à plus de 50 millions de groupes publics.

Le droit à l'oubli en question

Dans la pratique, le service suscite les inquiétudes de nombreux propriétaires de comptes Facebook. Certains ne sont souvent pas très au fait du paramétrage de leurs comptes, et sont surpris lorsqu’on leur apprend que leurs informations ont ainsi pu être dupliquées. De plus, même si ces données ont été publiées en connaissance de cause, le propriétaire du compte n'a pas forcément connaissance de l'existence de ces copies, qui perdurent dans le temps.

Contactée par PC INpact, la CNIL a confirmé avoir déjà reçu une plainte concernant ce site. Son responsable étant basé en Nouvelle-Zélande, l’autorité administrative a toutefois conseillé à la personne de se tourner vers son homologue néo-zélandaise.

Du côté de Profile Engine, on se défend de toute atteinte à la vie privée. Pour la société qui gère le site, ces informations sont disponibles publiquement sur Facebook, il n'y a donc aucune intrusion de sa part.  Elle propose même aux personnes concernées de retirer les informations les concernant, via sa rubrique d’aide. Il est néanmoins précisé que les internautes doivent se soumettre à certaines formalités - uniquement en langue anglaise, impliquant de laisser de nouvelles données personnelles comme les adresses email...  Mais il y a mieux, nous avons par ailleurs fait un test de demande de suppression : le site nous a réclamé une copie de notre pièce d'identité.

Lundi, la CNIL a annoncé avoir adressé un avertissement à Yatedo, une société française qui collectait elle aussi des données personnelles « publiques » sur des réseaux sociaux comme Viadeo ou LinkedIn. Pour l'autorité administrative, Yatedo manquait à certaines obligations imposées par la loi Informatique et Libertés de 1978, concernant notamment le droit d'opposition des utilisateurs et la mise à jour des données (voir notre article).
Par Xavier Berne Publiée le 14/06/2012 à 11:36 - Source : Merci @FabriceBoutard!
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