Le gouvernement pousse les opérateurs à relocaliser leurs centres d'appels

Made in France, Call in France 60
Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, vient d’effectuer des tractations auprès des acteurs de la filière télécom, afin qu’ils rapatrient leurs centres d’appels en France, comme l’indiquent Les Échos

cabine morguefile 

Depuis sa prise de fonction, Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin, ministre déléguée à l’Économie numérique, ont rencontré plusieurs syndicats et opérateurs télécoms, dont SFR, Iliad (Free), Orange et Bouygues Telecom. D’après nos confrères des Échos, ils ont tenté de convaincre leurs interlocuteurs de prendre des mesures afin de faire revenir en France des centres d’appels délocalisés à l’étranger. En ligne de mire du Gouvernement, l’emploi dans ces services d’assistance téléphonique, qui devrait pouvoir se tenir de manière plus fréquente sur le territoire national.

Pour accentuer la pression, l’introduction de « critères « sociaux » de qualité dans le cahier des charges des licences que l'État attribue aux opérateurs pour exploiter les fréquences » serait à l’étude. On peut ainsi imaginer qu’une telle mesure augmente le coût du travail dans les centres d’appels étrangers, et conduise de ce fait plus d’entreprises à rester ou à rapatrier en France leurs services d’assistance téléphonique.

Force est de reconnaître que depuis plusieurs années, de nombreux centres d’appels ont été délocalisés dans des pays où le coût du travail est moins élevé. De plus, l’arrivée de Free Mobile a forcé les opérateurs à baisser leurs prix, et par conséquent leurs profits. L’ARCEP avait ainsi estimé que l’arrivée du quatrième opérateur allait conduire à une perte de 5 000 à 10 000 emplois.

tweet montebourg free

Au nom de l’économie française, les ministres ont également demandé aux acteurs de la filière télécom d’acheter des produits « made in France », tels que leurs box ou divers équipements. Une fusion entre Orange et Deutsche Telekom pourrait également être envisagée, afin de créer un leader européen, sorte d’« EADS des télécoms ».

Restera à voir si ces déclarations seront suivies d’effets, tant de la part du Gouvernement que des entreprises concernées. Il y a deux ans, les pouvoirs publics avaient également affirmé vouloir lutter contre les délocalisations de centres d’appels, un projet déjà porté par Nicolas Sarkozy en 2004, comme le relevait alors Le Parisien.
Par Xavier Berne Publiée le 13/06/2012 à 11:28
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