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Ubuntu ou Windows chez les députés, pourquoi le choix du choix ?

Chassé par la porte, il revient par la fenêtre

Les prochains députés ne seront plus sur une solution nécessairement libre. Suite à un appel d’offres lancé par l’Assemblée nationale, les parlementaires devront choisir entre Windows et Ubuntu et, au rayon applicatif, entre le pack Office 2010 et Libre Office. PC INpact a interrogé le député Philippe Briand, questeur qui a été impliqué dans ce tournant stratégique.

assemblée nationale HADOPI
L'Assemblée Nationale (MR)

« Cela fait cinq ans que Microsoft essaye de revenir, l’éditeur a fait un gros effort sur le prix des licences... » nous confiait voilà peu un contact de l’Assemblée nationale qui reconnaissait « des problèmes techniques avec l’ancienne solution, mais clairement, le choix est politique ».

Portabilité, adaptabilité, connectivité

Pas d’accord, le questeur et député UMP Philippe Briand qui justifie ce choix par des raisons essentiellement techniques. « Nous n’arrivions pas à avoir une portabilité. Aujourd’hui, les parlementaires sont équipés d’iPad, d’ordinateurs, de portables, etc. Or, avec l’ancien système [Ubuntu Linagora, NDLR], nous avions beaucoup de difficultés de connectivités. Les secrétaires avaient par exemple des problèmes pour gérer la prise de rendez-vous. Nous avons pourtant essayé d’autres solutions, acheté des logiciels complémentaires… Finalement, le système gratuit coûte cher, car il exige beaucoup d’adaptabilité pour le rendre compatible avec le système marchand. »

Le député, à la ville également chef d’entreprise veut justement prendre appui sur son expérience professionnelle pour justifier ce tournant: « Je suis équipé avec Windows dans mon entreprise, nous avons toujours eu une parfaite portabilité ! Nous avons donc laissé les deux systèmes côte à côte, en optant pour l’un des acteurs majors du marché. » Un choix qui permet donc à Redmond de muscler un peu plus sa situation concurrentielle en France. 

Équiper des postes informatiques présente un coût. Quel est celui mobilisé pour les 577 postes réservés aux députés et les 577 autres dédiés à leurs collaborateurs? « Je ne me souviens plus des détails » regrette le député qui l’assure cependant, « ce n’était pas très cher ». Un chiffre nous est fourni de mémoire, 600 euros par poste de travail. Une autre source nous évoque un tarif autour de 400 euros pour le matériel. Une certitude, il s’agit de Dell OptiPlex 790 avec écran 22 pouces (wide) proposés à l’unité à partir de 469 euros HT chez le fabricant. Un serveur de licence, Windows ou Ubuntu (communautaire), s’occupera d’exaucer les vœux de chaque parlementaire d'ici juillet. Seules les licences consommées seront facturées.

L'indépendance technologique

Il y a un autre coût, plus délicat à chiffrer, c’est celui de l’indépendance technologique. Comment l’Assemblée peut-elle s’assurer que ces solutions propriétaires répondent à cet objectif, alors qu’on se trouve au cœur du travail législatif ? « Le député peut toujours garder sa solution libre s’il le souhaite. Chaque député a son propre ordinateur, sous sa responsabilité. De toute façon, l’Assemblée nationale est très sécurisée et si le système informatique a subi des attaques, aucune information n’est jamais sortie » assure le questeur Briand...

Enfin, quid des anciennes machines ? « L’Assemblée nationale donne les anciens ordinateurs aux parlementaires » nous confie le parlementaire. « Ces machines ont 5 ans et sont totalement amorties. Pour l’Assemblée, c’est un calcul très économique. Si elle avait dû les garder, il aurait dû récupérer le matériel, rende les fichiers, détruire les disques durs de manière sécurisée tout en gérant la question du retraitement. » L’avantage de ce marché est donc multiple. « Vous avez toujours la dernière version. L’idée est de faire pratique et pas cher. Un vrai système, il faut qu’il marche ! »

62 candidats finalistes signataires du Pacte du Logiciel Libre

À ce jour, Frédéric Couchet (April.org) nous indique que 62 candidats qualifiés pour le second tour ont signé le pacte du Logiciel libre. Dans ce pacte – un engagement moral et politique – le signataire dit avoir conscience que le libre « participe à la préservation des libertés fondamentales à l'ère du numérique, au partage du savoir et à la lutte contre la « fracture numérique » », qu’il « constitue également une opportunité pour le public, mais aussi pour l'indépendance technologique et la compétitivité de la France et de l'Europe ». Par sa signature, chaque député s’engage alors à « encourager les administrations, établissements publics et collectivités territoriales à développer et utiliser prioritairement des logiciels libres et des standards ouverts. »
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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Publiée le 12/06/2012 à 17:14

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