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Édito : l’accès à internet fixe va-t-il mourir ?

Titre à la Wired

Sans vouloir prendre exemple sur notre confrère Wired, nous pouvons aujourd’hui nous poser de sérieuses questions quant au futur à long terme de l’accès à internet fixe. Et si le titre de cet édito peut choquer, nous pouvons tourner la question autrement : l’accès à internet ne va-t-il pas passer exclusivement par le mobile dans le futur ? Si aujourd’hui, une telle idée peut paraître insensée, de nombreux arguments laissent pourtant penser qu’un jour votre ordinateur ne se connectera pas au réseau des réseaux via une box branchée sur une ligne fixe, mais tout simplement en exploitant un réseau mobile grâce à une puce xG.

Bouygues Telecom 18 juin forfait 3g+

De vrais forfaits internet mobile

« L'ensemble des usages (ex : VoIP, peer-to-peer, ...) est autorisé sur ces 2 nouveaux forfaits ainsi que pour l'ensemble des clients possédant des anciennes offres Internet 3G+. » Cette phrase loin d‘être anodine est tirée du dernier communiqué de presse de Bouygues Télécom au sujet de ses nouveaux forfaits 3G+ à 42 Mbps, offrant jusqu’à 5 Go d’accès à internet sans ralentissement pour le plus onéreux (19,90 € par mois avec engagement).

Bien entendu, ce n’est pas avec ce forfait que l’on peut surfer confortablement un mois complet avec son ordinateur, à moins d’être un internaute vraiment irrégulier. Une famille complète encore moins. L’intérêt ici est toutefois de remarquer qu’aujourd’hui, certains forfaits internet mobile sont de véritables forfaits internet, et non des offres sans VoIP, sans P2P, sans Newsgroups, etc.

Il y a encore une poignée de mois, un tel forfait internet mobile était impensable, ou alors à un tarif irréel. Free Mobile a néanmoins débloqué totalement la situation en ne bridant strictement aucun protocole dès son lancement. La concurrence a ainsi dû s’aligner et il est certain qu’à très court terme, aucun opérateur n’osera brider ses forfaits en matière de protocoles. En somme, nous disposons enfin de vrais forfaits internet mobiles.

Déjà de bons débits

Reste trois points cruciaux : les débits offerts, le fameux « fair use » et l’accès géographique à de telles offres. Concernant le premier point, les opérateurs offrent déjà des débits intéressants depuis plusieurs mois. Certes, les 42 Mbps (soit 5,25 Mo par seconde) ne sont que théoriques, néanmoins, de nombreux abonnés ont déjà constaté des débits réels de plusieurs Mo par seconde sur leur ligne mobile. Soit un débit supérieur au forfait internet fixe de nombreux français. D’autant plus que la vitesse d’upload offerte est parfois très élevée (plus qu’une ligne ADSL classique) selon les endroits. Avec l’arrivée de la LTE, de la LTE Advanced, et des futures évolutions, les débits proposés pourront sans problème concurrencer une ligne ADSL et même une ligne en fibre optique.

Un point tout aussi crucial devra toutefois être réglé au sujet des débits. Aujourd'hui, plus les utilisateurs sont nombreux dans un espace restreint, plus les débits diminuent. Il n'est ainsi pas rare que le réseau mobile (internet, voix, SMS, peu importe) soit surchargé aux heures de pointes ou lors de journées bien spécifiques, le nouvel an par exemple. Une telle situation existe aussi sur les réseaux fixes, mais cela concerne habituellement certains types de contenus (vidéos, etc.) ou protocoles, limités afin d'offrir un certain confort au surf classique. La fibre optique devrait toutefois réduire voire éradiquer ces phénomènes. Le défi pour les réseaux mobiles du futur sera donc de résoudre ce problème fondamental. Dans le cas contraire, l'accès à internet exclusivement via réseau mobile pourrait ne pas être viable sur tout le territoire. Il ne sera alors qu'un complément territoriale de la fibre optique, ce qui est au final le scénario le plus probable.

Des limites à relever

Concernant le « fair use », c’est-à-dire l’accès à l’internet mobile à plein débit avant d’être ralenti, le maximum proposé aujourd’hui est de 6 Go, encore par Bouygues Télécom. Une misère pour une consommation internet d’un geek, et même d’un usager classique souhaitant visionner des vidéos, faire les mises à jour de son système d’exploitation, surfer confortablement, lire ses emails, télécharger tout ce qui est à portée de clic, écouter de la musique en streaming, etc. Bref, le « fair use » est un réel problème. Néanmoins, nous pourrions imaginer dans un futur plus ou moins proche une limite bien plus élevée, atteignant pourquoi pas 100 Go de données, sachant que le débit offert au-delà du fair-use pourrait être malgré tout suffisant pour surfer correctement et vérifier ses courriels. Certainement pas de quoi contenter les plus gourmands, mais de nombreux internautes s’en satisferaient allègrement.

Des coûts bien inférieurs à la fibre

Reste ensuite l’accès à de tels débits et donc la couverture du pays. C’est un point central et l’avantage numéro un des antennes mobiles. En effet, fibrer la majeure partie de la population coûtera entre 25 milliards et 40 milliards d’euros selon les calculs (et les niveaux de mutualisations), ceci sur une durée de 15 à 20 ans. Or couvrir la majeure partie de la population (et non du territoire) via les réseaux mobiles coûte certes aussi plusieurs milliards, mais les frais sont incomparables à la pose onéreuse de fibre optique, notamment dans les endroits à faible et moyenne densité.

Financièrement, toucher 99,9 % de la population est « en théorie » aisément possible en mobile (hors problème de congestion des réseaux), ce qui n’est pas le cas des lignes fixes qui excluent au moins 1 % de la population, sans compter qu’installer la fibre optique pour de nombreux Français est insensé financièrement tant les coûts sont élevés. Le mobile limite ainsi l’exclusion en un sens, même si certaines zones soi-disant couvertes ne le sont pas toujours dans les faits. N'oublions pas tout de même que pour atteindre de très haut débit, les antennes des réseaux mobiles doivent au préalable être reliées en fibre optique. Cette dernière est donc indispensable afin de développer le très haut débit mobile. L'idée d'un complément pour une partie de la population plus que d'un remplaçant général prend ainsi plus de sens de ce point de vue.

Certains surfent déjà exclusivement via mobile

Enfin, notez qu’aujourd’hui, une certaine partie de la population a découvert Internet pour la première fois en passant par le smartphone. Et ceux surfant plus sur leur téléphone et leur tablette que via leur ordinateur sont de plus en plus nombreux. L’accès à l’internet mobile, souvent via Wi-Fi il est vrai, est déjà une réalité, même si le surf, les emails et les téléchargements d’applications légères sont les principales activités internet de ce type de profil, c’est-à-dire une exploitation très limitée d’Internet. Mais le grand public a de toute façon une utilisation restreinte d’Internet, que ce soit en terme de variétés de protocoles exploités ou de consommations de données. L’accès exclusif au très haut débit via mobile prend alors tout son sens. Un jour peut-être…

Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 10/06/2012 à 09:46

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