Nouvelle journée de mobilisation mondiale contre ACTA le 9 juin

En prévision du vote au Parlement européen 11
Demain, les opposants à ACTA vont se réunir pour manifester dans presque 100 villes du monde entier, dont 19 en France. Une occasion pour ces citoyens d’horizons divers de maintenir la pression sur les pouvoirs publics, et plus particulièrement sur le Parlement européen, dont le vote sur le traité devrait intervenir cet été, sauf nouveau rebondissement.

 
Les anti-ACTA ne baissent pas les bras. Samedi 9 juin, des manifestations sont en effet organisées dans plus de 22 pays. En France, ils se retrouveront dans les plus grandes villes comme Paris, Lyon ou Bordeaux, mais également dans des endroits de taille plus modeste, comme à Saint-Malo (la liste des 19 villes participantes est disponible ici). Comme dans beaucoup de manifestations, il s’agira avant tout de faire connaître leur cause au public, au moyen de tracts ou de discussions avec les passants.

Ces opposants à ACTA dénoncent avant tout « ses atteintes à des droits fondamentaux, comme la liberté d'expression, la liberté de presse, le respect de la vie privée, la santé, etc ». Les organisateurs rappellent ainsi que cet accord commercial anti-contrefaçon a été « élaboré dans le plus grand secret depuis 2006 sans participation aucune d'un élu ou d'un représentant de gouvernement ou d'association civile ». Outre ces critiques quant aux processus démocratiques, ils s’insurgent contre ce traité qui « prétend vouloir simplement défendre la propriété intellectuelle et les droits d'auteurs », mais qui ne profite en réalité « qu'à une fraction d'industriels tels que les compagnies RIAA et MPAA ».

Les organisateurs attendent ainsi un maximum de personnes pour se joindre à leur cause, venant de tous les horizons. Même si certains membres de la mouvance Anonymous y participeront très probablement, la plupart des manifestants sont surtout « de simples citoyens qui réagissent à l'actualité », d'après les responsables de l'événement.

Des partis politiques, comme Europe Ecologie Les Verts ou le Parti Pirate, mais également des associations telles que La Quadrature du Net, l’April et l’UFC-Que Choisir, ont marqué leur opposition à ACTA.

acta manif 9 juin 

Bras de fer contre la stratégie de l’usure

Ce n'est pas tout. Plusieurs commissions du Parlement européen viennent elles-aussi de se prononcer contre ACTA, du coup la mobilisation de demain apparaît comme une piqure de rappel. Le 31 mai, la commission des affaires juridiques (JURI), la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie (ITRE) et la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) votaient contre ACTA. Le 4 juin, c’est la commission du développement qui appelait à rejeter l’accord international. Même si ces décisions ont été accueillies comme un soulagement, les opposants veulent montrer qu'ils restent vigilants. « Le rejet d'ACTA n'est pas encore certain, nous devons continuer à nous mobiliser ». Le texte sera présenté en Commission INTA (commerce international) dès le 21 juin pour un vote en séance plénière début juillet.

Alors que le texte accumule certains déboires au niveau européen, avec par exemple le récent refus de ratification de la Roumanie, il apparaît effectivement que la Commission européenne semble engagée dans une « stratégie de l’usure », comme le dénonçaient récemment les eurodéputées Sandrine Bélier et Françoise Castex. « C’est une bataille de temps, commentait Sandrine Bélier. Autant la Commission a voulu fin 2011 jouer la carte de la vitesse en faisant passer le traité le plus rapidement possible afin que le moins de parlementaires aient connaissance de son contenu, autant, aujourd’hui la stratégie est celle de la lenteur depuis que l’information a circulé ». 
Publiée le 08/06/2012 à 10:05
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