Une entreprise alsacienne de 25 salariés menacée par la Hadopi

Le chant du feu 100
Une entreprise de 25 salariés est désormais dans la ligne de mire de la Hadopi. Cette société basée en Alsace et spécialisée dans le bâtiment n’avait pas vu le premier mail, peut être passé dans le filtre à spam. Mardi dernier, elle a reçu le second avertissement, une lettre recommandée où la Hadopi lui rappelle que l’abonné internet doit se débrouiller pour que son accès ne soit pas utilisé pour des échanges non autorisés par les ayants droit.

rue du texle HADOPI

L'obligation née des lois Hadopi 1 et 2 pèse aussi bien sur les personnes physiques que sur les personnes morales : elles doivent donc trouver les moyens adéquats pour que cessent les échanges P2P sur leurs lignes. Mais quels échanges ? Ceux des salariés, de tiers par accès Wifi, cheval de Troie ou virus... Et la Hadopi ne fournit jamais de solution clef en main. Elle se contente de valider les constats des agents des ayants droit à partir de relevés automatisés sur les réseaux P2P. Puis elle adresse des avertissements à la chaîne (un mail, puis une LRAR avant une convocation). C’est donc à l’entreprise de deviner la bonne stratégie à adopter et le niveau de ressources à affecter.

La PME a justement demandé l’assistance de SOS Hadopi, L’initiative fondée par Renaud Veeckman et Jerôme Bourreau-Gugenheim, l’ex-salarié licencié abusivement par TF1. SOS Hadopi va maintenant l’accompagner avec un objectif clair, nous dit Renaud Veeckman : « Hadopi continue, nous continuons nous aussi et militons encore et toujours pour l’abrogation de la contravention de négligence caractérisée. Cette infraction provoque bien des injustices, il faut y mettre un terme au plus vite ». Un appel du pied à la nouvelle ministre de la Culture, qui, avant son entrée en fonction, a milité farouchement contre la riposte graduée, assurant même que « la fin d'Hadopi une victoire pour la création. »
Publiée le 02/06/2012 à 08:00
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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