Le Canadien CGI rachète l'Anglais Logica pour 2,6 milliards d'euros

Coup de froid en pleine chaleur 44
La SSII britannique Logica, l’une des sociétés les plus importantes d’Europe dans son secteur avec Atos et Capgemini, devrait sauf surprise être rachetée par le Canadien CGI, un géant du secteur. Andy Green, le PDG de Logica, a annoncé la nouvelle via email à l’intégralité de ses salariés en matinée. Selon le PDG, CGI a proposé 105 pences par action, valorisant ainsi l’entreprise à 1,69 milliard de livres sterling, soit 2,1 milliards d’euros. Suite à cette annonce, l’action de Logica a rapidement dépassé les 105 pences, atteignant les 111 pences à l’heure où nous rédigeons ces lignes.

Logica CGI
Image réalisée par un employé français de Logica. Merci Axel.

Une acquisition "naturelle"

Afin de croquer Logica, CGI a posé sur la table 2,1 milliards de livres, soit 2,6 milliards d’euros. En effet, en sus des actions rachetées, CGI compte aussi éponger les dettes de l’entreprise, ce qui augmente par conséquent la facture. Dans sa lettre adressée aux employés que nous avons pu nous procurer, Andy Green sait que cette nouvelle est une « surprise » pour eux. « Mais c'est, d'une certaine manière, la suite naturelle de la Logica Story ».

Logica comprend en effet de très nombreuses sociétés, dont le Français Unilog (racheté en 2005), le Néerlandais CMG (fusion en 2002), le Suédois WM-data, etc. « Il s'agit simplement de la suite de l'histoire qui voit l'excellente entreprise pour laquelle ils travaillent devenir plus forte, plus grande et mieux implantée mondialement, tout en préservant son orientation clients. »

Pour le PDG de Logica, l'histoire de CGI ressemble à la sienne, à savoir une série d’acquisitions. Au final, Logica et CGI compteront 72 000 collaborateurs dans 43 pays, dont près de 10 000 en France, pour un chiffre d’affaires de 6,6 milliards de livres (8,2 milliards d’euros). Cela reste beaucoup moins que les 115 000 collaborateurs que compte Capgemini à travers le monde.

Pas de licenciements à prévoir

Cette acquisition génèrera-t-elle des licenciements massifs comme c’est généralement le cas lors d’un rapprochement entre deux grosses sociétés ? Andy Green a tenté de rassurer ses employés sur ce point, en expliquant que CGI était surtout implanté en Amérique et qu’elle ne comptait que 2500 collaborateurs en Europe. Soit une position assez opposée à Logica, principalement présente en Europe.

« La réunion de CGI et de Logica sera différente de fusions récentes telles que celles d'HP-EDS et d'ATOS-Siemens » a-t-il ainsi argumenté. « Il y a peu de recouvrement entre nos activités respectives. Nous pouvons dire en toute confiance à nos clients que la majorité de nos équipes opérationnelles conservera le rôle qu'elle occupe aujourd’hui. L'activité se poursuivra comme d’habitude. » Reste à savoir si ce discours n’est pas qu’une façade.

Des objectifs avant rachat

Le rachat devrait être finalisé fin septembre. D’ici là, Logica restera une entreprise indépendante assure le PDG. Ce dernier a d’ailleurs fixé à ses employés les buts à atteindre à court terme :
  • Tenir nos engagements vis à vis de nos clients
  • Nous concentrer sur le cash, la rentabilité et les objectifs budgétaires du premier semestre
  • Mener à bien nos priorités pour 2012 :
    • Rétablir la rentabilité aux Pays-Bas et en Belgique
    • Restaurer la santé de notre business au Royaume-Uni et en Suède
    • Renforcer notre approche de segmentation client et d’engagement client
    • Industrialiser nos activités IM & AM
    • Lancer le Modèle de Carrière Logica
    • Stimuler la productivité et réduire notre coût moyen du travail dans toutes les branches du groupe
Plus intéressant, Andy Green a demandé à tous ses employés de ne surtout pas :
  • Contacter vos homologues chez CGI sauf si cela vous est demandé
  • Partager des informations sensibles et confidentielles avec CGI
  • Débattre avec vos clients concernant cette annonce
  • Parler à la presse ou essayer de répondre aux questions des médias ; tous ces contacts doivent être dirigés vers Louise Fisk, Responsable des Relations Publiques Mondiales Logica.
Publiée le 31/05/2012 à 17:53
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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