Hadopi : Aurélie Filippetti réfute tout calendrier

Fleur poussée dans les orties 78
Invitée de France Inter ce matin, la nouvelle ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, vient d’apporter quelques précisions quant au fameux Acte II de l’exception culturelle promis par François Hollande. Contrairement à ce qu’avait annoncé hier Fleur Pellerin, aucun calendrier ne serait fixé pour l’instant.

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Aurélie Filippetti lors d'un précédent passage à France Inter.

Problèmes d'agenda

Interrogée d’entrée sur un possible calendrier, Aurélie Filippetti a clairement précisé ne pas être « dans une logique de calendrier », mais plutôt « dans une logique de stratégie visant à redonner à la culture toute sa place ». La question du journaliste de France Inter faisait implicitement référence aux déclarations de Fleur Pellerin, la nouvelle ministre déléguée à l’Économie numérique. Hier soir, cette dernière a affirmé sur le plateau de Soir3 que la concertation relative à la Haute autorité serait terminée dans « moins de six mois », et qu’il conviendrait ensuite d’aviser, autrement dit de transformer ces discussions sur un plan législatif.

Aurélie Filippetti a toutefois concédé qu’un calendrier serait fixé « dans les jours, dans les semaines qui viennent ». La ministre de la Culture réfute ainsi la définition de tout calendrier, et contredit directement les propos tenus par Fleur Pellerin quelques heures auparavant. Les deux jeunes ministres avaient pourtant signé la semaine dernière la fameuse « Charte de déontologie des membres du gouvernement », qui indique que « L’expression, directe ou indirecte, de désaccords ne peut qu’affaiblir le gouvernement et susciter le scepticisme des citoyens à l’égard de la crédibilité de l’action politique ».

Acte II de l'exception culturelle

Aurélie Filippetti a ensuite rappelé qu’il y aurait bien « une grande concertation pour l’Acte II de l’exception culturelle », telle que promise par le candidat socialiste. Interrogée plus particulièrement sur le volet concernant la Hadopi, la ministre a fait le constat que la Haute autorité n’avait « pas permis de dégager de l’argent pour financer les artistes ». L’objectif de cet Acte II sera donc d’établir un nouveau système qui « permettra à la fois de contribuer au développement de l’offre légale, lutter contre la contrefaçon commerciale, et aussi trouver des nouvelles sources de financement ».

Le volet répressif de la Hadopi en question

S’agissant du caractère répressif de la Hadopi, Aurélie Filippetti a déclaré que « le système de sanction (...) s’est révélé inefficace et négatif du point de vue du message qu’on veut faire passer », soulignant qu’il ne fallait pas « opposer le public et les artistes ». À cet égard, la ministre a indiqué que des changements de comportement avaient déjà eu lieu rue de Texel. « La Haute autorité s’est réunie la semaine dernière et a déjà commencé à réviser sa ligne stratégique. (...) Personne, y compris les membres de cette Haute autorité, ne semblait réellement satisfait du système tel qu’il fonctionnait ».

Anticipant les risques d’une possible alternance, la Hadopi avait effectivement commencé depuis quelques semaines à lâcher du lest sur le volet répressif. Le mois dernier, nous vous indiquions par exemple que la riposte graduée avait « gagné un étage », dans la mesure où la rue de Texel attend désormais le quatrième incident avant d’enclencher une éventuelle transmission au Parquet.

Interrogée sur les contours de la future réforme, Aurélie Filippetti a assuré le service minimum. « Notre logique ce n’est pas la répression », mais plutôt « un accès à une liberté, une liberté d’esprit ».
Par Xavier Berne Publiée le 21/05/2012 à 11:26 - Source : France Inter
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