S'identifier / Créer un compte
  • Actualités
  • Dossiers
  • Tests
  • Commentaires
  • INpactiens
Publicité

Le P2P contribue aux ventes de musique, selon une nouvelle étude

Et les études contribuent à faire vivre les chercheurs

Robert Hammond, chercheur à l’Université de Caroline du Nord, s’est intéressé aux effets du téléchargement illégal sur les ventes de musique enregistrée. Plus précisément, il a analysé l’impact de la mise à disposition d’albums avant leur sortie officielle. Pour ce faire, l’universitaire a étudié un panel composé de plus de 1 000 albums, diffusés grâce à des logiciels de partage basés sur le protocole BitTorrent.

Effets bénéfiques sur les ventes d'albums

Contrairement à ce qu’ont souvent pu affirmer les associations d’ayants droit, l’étude (disponible en PDF) publiée le 7 mai dernier relève qu’il n’y a « aucune preuve d'un effet négatif » du P2P sur les ventes de musique. Les résultats d’Hammond suggèrent même que le piratage permet d’augmenter le nombre d’albums vendus. Selon nos confrères de TorrentFreak, les observations d'Hammond vont permettre de donner de nouvelles ressources au débat sur les effets du téléchargement illégal.

D’après les conclusions de l'étude, « un album mis à disposition sur le réseau un mois avant sa sortie vendrait 60 unités supplémentaires ». Un chiffre qui peut sembler ridicule, mais qui est en réalité lourd de sens. Il signifie notamment que contrairement à ce que certains ont pu affirmer, le partage de musique a un effet bénéfique sur les ventes d’albums. 

Il n'en demeure pas moins que cette tendance générale dissimule dans la pratique des disparités entre les artistes. En effet, l’auteur remarque que ce bénéfice profite avant tout aux « artistes populaires » appartenant à la culture « mainstream ». En revanche, les effets seraient moindres pour les artistes « nouveaux et plus petits ». Autrement dit, plus un artiste a du succès, plus il a de chances de voir sa musique téléchargée illégalement puis achetée.

Un nouvel élément relatif au débat sur les effets du piratage

Pour expliquer les phénomènes qu’il a observés, Hammond se réfère à de nombreuses études antérieures, qui ont d’ailleurs souvent été utilisées par les acteurs de l’industrie musicale. La musique étant un bien d’expérience - que l’on ne peut apprécier qu’en le consommant, la mise à disposition gratuite de chansons peut ainsi apparaître comme un moyen de découvrir sans frais de nouveaux titres, permettant ensuite un achat ultérieur.

À cet égard, il apparait que Marsouin, une équipe de chercheurs français pointait il y a quelques semaines les effets positifs du streaming légal sur les ventes de musique, qu’elle soit enregistrée ou sous forme de concert. En 2008, cette même équipe concluait déjà que "les films et séries sont surtout consommés par les utilisateurs des réseaux Peer-to-Peer (P2P). (...) Les individus qui téléchargent des vidéos sur les réseaux P2P sont également ceux qui achètent le plus de DVD. Enfin, les utilisateurs de réseaux P2P se caractérisent par une disposition à payer plus élevée que les autres internautes pour une offre légale de vidéos en ligne, adaptée à leurs besoins".

D'autres études allaient encore dans le même sens que les travaux d’Hammond, puisque dès 2005, un chercheur japonais affirmait que le P2P avait des effets bénéfiques sur les ventes physiques. Une étude publiée par la Hadopi début 2011 soulignait aussi que ceux qui téléchargeaient le plus étaient aussi ceux qui consommaient le plus de produits culturels. 

Dans la récente histoire du P2P, ces travaux sont néanmoins contrebalancés par d’autres études, notamment par ce cabinet français - Tera -  qui tentait de mesurer les conséquences néfastes du piratage sur l’emploi dans une étude pour le numéro 1 de Vivendi, ou bien encore sur l'économie française (démontée à l'époque par RWW).
Publiée le 18/05/2012 à 15:31

Soutenez l'indépendance de Next INpact en devenant Premium

  • Tout le contenu de Next INpact sans pub
  • Et bien plus encore...
;