Données personnelles : un e-Syndicat, contre-pouvoir à Facebook ?

Valoriser les données personnelles 17
Internet Sans Frontières organise cet après-midi une conférence de presse devant le siège parisien de la filiale de Facebook, 28 rue de l'Amiral Hamelin à Paris. L’association ISF a alerté l’ensemble de la presse de l’organisation de ce rendez-vous alors que le réseau social organise son entrée en bourse. Dans le même temps, elle appelle à la constitution d’un syndicat électronique « ayant pour objet la défense de nos droits sur les services en ligne ».

internetsansfrontieres

(Photo internetsansfrontieres.com)

ISF veut réagir aux valeurs folles qui entourent cette entrée en Bourse : « Comment expliquer un tel montant ? », avant de fournir la réponse dans cette question : « cette valorisation est-elle liée au logiciel et à l'infrastructure de l'entreprise ou aux informations que Facebook récolte et exploite avec ou sans le consentement de ses 900 millions d’usagers et contributeurs à travers le monde ? »

Un estomac à données personnelles

L’association rappelle sans difficulté que la gratuité de FB n’est qu’apparente pour les 900 millions de contributeurs. « Facebook accumule les milliards en piétinant nos droits à la maîtrise, la gestion et l’administration de nos contributions » avance-t-elle, ajoutant que « la valeur de l'entreprise est indexée sur son abus de notre droit au contrôle de nos données personnelles, de leur utilisation et de leur destination. »

Elle dénonce spécialement cet estomac à données personnelles devenu « espace de socialisation obligatoire pour toute une partie de la population ». Un système qui glane, aspire, compulse tous ces bouts de vies numériques que des centaines de millions d’internautes lui confient en confiance. « Depuis 2005, l'entreprise fondée par Mark Zuckerberg n'a de cesse d'aller plus loin dans la récolte, l'analyse et l'exploitation commerciale de nos données avec un défaut total de transparence. Elle permet à certains services gouvernementaux d'interroger sans limites nos données personnelles et nos vies privées pour les besoins des enquêtes, et peut même les leur transmettre sans notre contrôle et en contradiction avec les lois d’application territoriale européennes qui les protègent. »

Un contre-pouvoir

Voilà donc la problématique : d’un côté des contributeurs qui, une fois l’information postée et ingurgitée par Facebook, maîtrisent de moins en moins leurs données pourtant personnelles…De l’auteur un réseau qui fait de ces éléments personnels son terreau capitaliste. Bref, selon ISF, le temps est venu de lancer un syndicat électronique, un e-Syndicat, destiné jouer le contre-pouvoir face aux choix stratégiques de FB. Une mission qui serait d’autant plus utile que « le modèle économique de l'entreprise basé sur l'exploitation commerciale de la vie privée va pousser le service dans un sens encore plus intrusif et liberticide. »

Précisons cependant que plusieurs entités veillent – ou tentent de le faire – aussi à assurer un contrôle du gérant social, ce sont les CNIL installées dans chaque pays (voir par exemple en France) en attendant un jour la saisine du contrôleur aux données personnelles en Europe, sans oublier des organisations non gouvernementales et privées comme l’Electronic Frontier Foundation ou plus récemment l’association Europe versus Facebook montée par cet Autrichien parvenu à récupérer « ses » données personnelles chez le géant américain.
Publiée le 18/05/2012 à 14:13
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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