Nexus : cinq terminaux à venir et changement de stratégie pour Google

Des Nexus pour tous ! 29
Selon nos confrères du Wall Street Journal, Google changerait sa stratégie concernant ses produits estampillés Nexus. En effet, la firme ouvrirait les vannes à cinq partenaires pour vendre ses smartphones et prochainement ses tablettes. Le but pour le géant de la recherche est double : rassurer ses partenaires suite au rachat de Motorola Mobility et limiter la fragmentation d'Android.

Google Galaxy Nexus

Nexus : un terminal rapidement mis à jour

Pour le moment, les smartphones Nexus sont développés par Google et réalisés par un unique partenaire. Ce fut le cas d'HTC dans le passé avec le Nexus One et c'est Samsung qui a été retenu sur les deux dernières générations avec les Nexus S et Galaxy Nexus. Ceux-ci sont livrés nus, c'est-à-dire sans interface utilisateur complémentaire et bénéficient d'un support direct de la part de Google.

L'avantage pour les utilisateurs est que les mises à jour arrivent rapidement, contrairement à ce qu'il se passe avec les modèles développés par les constructeurs tiers. Si au départ, les Nexus étaient là pour aider Google dans le développement d'Android, aujourd'hui il semblerait qu'ils prennent une autre voie, enfin d'après nos confrères.

Vers plus de Nexus chez cinq fabricants tiers dont les tablettes

Pour Google, pousser ses Nexus auprès de différents partenaires a plusieurs avantages : cela offre à un téléphone « clé en main » sur lequel, ils n'ont aucune intervention à prendre en charge, et donc aucun coût de recherche et développement, tout comme aucun suivi complémentaire n'est à réaliser. Ils fabriquent suivant un cahier des charges prédéfini et cela s'arrête là.

De plus, cela permettrait d'accélérer les cycles de mise à jour et de limiter la fragmentation. Si l'on prend l'exemple d'Android 4.0 lancé en octobre dernier, aujourd'hui il ne représente que 4,9 % des terminaux qui sont sur le marché. On est donc relativement loin de ce qui se passe chez Apple avec iOS ou même Microsoft avec Windows Phone.

En outre, cette multiplication des Nexus pourrait permettre à Google de lever les différentes inquiétudes qui planent chez ses partenaires depuis le rachat de Motorola Mobility. En effet, certains fabricants ont peur de voir la firme de Mountain View offrir ses smartphones à sa nouvelle division... même si Google a été clair quant au positionnement de son acquisition, qui n'est d'ailleurs toujours pas finalisée. De plus, on peut penser que cette ouverture peut permettre à d'autres de lutter contre Samsung, qui a pris la tête des ventes au niveau des terminaux haut de gamme.

Cinq constructeurs bénéficieraient donc de la réalisation de smartphones, mais aussi de tablettes. Pour rappel, Eric Schmidt, le président du conseil d'administration de Google, avait déclaré en décembre dernier qu'une tablette Nexus devait apparaître dans les six mois... et nous arrivons au bout du compte-à-rebours. 

Une vente assurée par Google en direct via Google Play

Comme nous vous l'avions indiqué, les utilisateurs américains ont vu apparaître un nouvel onglet au sein de Google Play, qui leur permet d'acheter leur Nexus directement depuis le mois d'avril. Là encore, d'après nos confrères du WSJ, Google se chargerait de vendre au grand public ses terminaux de ses fabricants tiers et d'en assurer la promotion.

Galaxy Nexus google Play

Ces smartphones et tablettes seront vendus libres de toute subvention, ce qui est un autre challenge pour la firme de Moutain View, mais qui permet de se débarrasser d'une nouvelle contrainte : celle des opérateurs de téléphonie. En effet, ceux-ci, comme les constructeurs, freinent les mises à jour ou ajoutent des blocages çà et là sur les terminaux ou souhaitent mettre leurs applications tierces, quand ce n'est pas une surcouche bien grasse, bien loin du modèle Nexus en somme.

Google pourrait perdre de l'argent sur les ventes de terminaux

Cette nouvelle stratégie pourrait coûter cher à Google. En effet, sur chaque téléphone vendu, la marge serait particulièrement réduite si la société veut rendre son offre attractive pour le grand public. Sur les tablettes, Amazon ou Barnes & Noble outre-Atlantique ont d'ores et déjà mis la barre assez bas avec leurs Kindle Fire et Nook Tablet, puisque le ticket d'entrée est à 200 $.

Cependant, Google a pris les devants en ouvrant ses services de VoD, de musique, ses ventes de eBook, sans parler des applications ou de la publicité diffusée sur ces dernières. À court terme, la firme peut perdre de l'argent sur les terminaux tant que les clients consomment ses services...

Jelly Bean en ligne de mire

Ce changement de stratégie pourrait intervenir lors de l'arrivée de la prochaine mouture d'Android, nom de code Jelly Bean et dont on ne connait toujours pas la date de lancement, ni ce qu'elle comprend. Cependant, Google doit dorénavant faire vite : Microsoft arrive en fin d'année sur les tablettes et Apple pourrait lancer une ardoise pour lutter contre Amazon et Barnes & Noble.

Google pourrait profiter de la prochaine Google I/O le mois prochain pour expliquer à son écosystème ses changements de stratégie, à moins bien sûr que cet événement ne serve de lancement, comme il a pu l'être l'année dernière avec les machines sous Chrome OS... et couper l'herbe sous le pied de ses concurrents.
Publiée le 17/05/2012 à 13:37
Damien Labourot

Journaliste High-tech gravitant autour de la mobilité (smartphone, tablette, portable) et toujours prêt à de nouvelles expériences.

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