4G : se dirige-t-on vers des rapprochements entre opérateurs mobiles ?

Je t'aime, moi non plus 24
Déjà partenaires dans le secteur de la fibre optique, Orange, SFR, Bouygues Télécom et Free pourraient-ils former des alliances ailleurs ? Interrogé aujourd’hui par Challenges, Xavier Niel laisse en tout cas entendre qu’un rapprochement avec Orange ne serait pas utopique, ce duo faisant face à un autre, à savoir SFR et Bouygues Télécom. Cette remarque du fondateur d’Iliad (Free) n’est pas une première et fait suite aux déclarations de Stéphane Richard de la semaine dernière.

3GPP LTE Advanced 4G

Free souhaite se rapprocher d'Orange

« Certains parlent d’un rapprochement entre Bouygues et SFR d’une part, et Free et Orange de l’autre. Historiquement, nous avons toujours été proches de France Télécom. Nous sommes l’un de ses tous premiers clients. Je ne parle pas forcément d’un rapprochement capitalistique, mais d’autres choses intelligentes comme le rapprochement de nos réseaux pour améliorer la couverture du territoire. »

Les propos de Xavier Niel sont limpides. S’il est évidemment hors de question que Free perde son indépendance et se vende à Orange, des partenariats plus poussés en matière de réseaux mobiles avec l’opérateur historique ne seraient pas impossibles. Un tel accord existe d’ailleurs déjà depuis l’an passé entre les deux sociétés en matière de fibre optique. Alors pourquoi pas le mobile ?

Orange souhaite se rapprocher de SFR ou Bouygues

Du côté d’Orange, Stéphane Richard, le PDG de la société, n’a jamais esquissé l’idée de s’allier avec Free, bien au contraire. Interviewé par L’Express le 7 mai dernier, le patron de France Télécom a rappelé que dans certains pays européens (Royaume-Uni, Pologne, etc.), Orange avait déjà signé des accords avec d’autres opérateurs mobiles locaux. Alors pourquoi pas la France ? « Nous sommes prêts à le faire en France avec SFR et/ou Bouygues dans la 4G, mais tous deux semblent réticents pour le moment » s’est-il contenté d’annoncer.

Orange a donc ouvert la porte à SFR et Bouygues Télécom pour investir massivement dans la 4G, tout en affirmant que ces derniers sont pour le moment « réticents » à un tel scénario. De l’autre côté, Free fait un appel de pied évident à Orange sur la même thématique. Rappelons d’ailleurs que lors des attributions des licences 4G l’an dernier, Free, Orange, SFR et Bouygues ont accepté l’obligation de couvrir 25 % de la population d’ici fin 2015, 60 % d’ici fin 2019 et 75 % d’ici fin 2023.

Orange 4G LTE

Deux types de licences 4G ont été attribués. La première, dans la bande 2,6 GHz, plutôt dédiée aux zones à forte densité, a été divisée entre les quatre opérateurs, avec un net avantage pour Free Mobile et Orange, ces derniers captant 20 MHz duplex, contre 15 MHz duplex pour Bouygues et SFR. A contrario, dans la bande 800 MHz, Free est reparti bredouille, tandis que SFR a récolté le gros lot avec deux blocs.

Free Mobile peut-il être esseulé ?

Au final, Free a donc tout intérêt à s’allier avec un autre opérateur, même si l’ARCEP a bien précisé qu’un contrat d’itinérance sera obligatoirement proposé par SFR à Free Mobile : « Dans un objectif d’équilibre concurrentiel, le cumul de blocs dans la bande 800 MHz est soumis à une condition : l’opérateur qui obtient deux blocs doit offrir l’itinérance dans la bande 800 MHz à un opérateur qui serait titulaire uniquement de fréquences de la bande 2,6 GHz et qui n’aurait pas obtenu de fréquences dans le cadre de la procédure à 800 MHz. » Soit précisément la situation de SFR et Free Mobile.

À ce jour, rien n’assure que des partenariats seront formés entre les opérateurs mobiles afin de développer au plus vite et à moindres frais la 4G. L’agressivité de Free laisse à penser que si alliance il devait y avoir, le quatrième opérateur sera sciemment esseulé, afin de l’affaiblir. Les ambitions de Free Mobile sont cependant grandes, et Bouygues n’a jamais caché qu’il n’hésiterait pas à réagir si les marges venaient à fondre trop rapidement. Des mouvements sont donc à prévoir. Reste à savoir s’il s’agira de simples partenariats ou d’autre chose.
Publiée le 15/05/2012 à 18:30
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

Soutenez nos journalistes

Le travail et l'indépendance de la rédaction dépendent avant tout du soutien de nos lecteurs.

Abonnez-vous
À partir de 0,99 €

Publicité