Etats-Unis : les liaisons entre Google et la NSA resteront secrètes

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Wired nous informe qu’un tribunal américain a refusé vendredi dernier de déclassifier plusieurs documents secrets permettant de mettre au jour d’éventuelles relations entre Google et la National Security Agency (NSA).

national security agency nsa

En janvier 2010, Google était l’objet de cyberattaques, visant plus particulièrement des comptes Gmail de dissidents chinois. La firme de Mountain View est du coup suspectée d’engager une collaboration avec les autorités américaines afin de mieux faire face à ce type de menaces.

Pour en avoir le cœur net, l’Electronic Privacy Information Center (EPIC) a déposé en février 2010 une demande de divulgation de différents documents de la NSA relatifs aux relations entre Google et l’agence de sécurité. Un mois plus tard, la NSA répondait défavorablement à cette requête de l’organisation de défense des libertés civiles, sans confirmer ni démentir ces suspicions. L’EPIC a donc demandé à la justice américaine d’ordonner cette déclassification des documents, au nom du Freedom of Information Act de 1966.

Après avoir perdu en première instance, l’EPIC vient à nouveau d’être déboutée de sa demande. Dans une décision en date du 11 mai dernier et divulguée par l’organisation, la cour d’appel du district de Columbia refuse d’invalider le refus de la NSA.

Cette décision suggère toutefois que la divulgation de ces données nuirait à la sécurité des États-Unis. De nombreux éléments portaient d’ailleurs à croire que cette collaboration entre le géant de l’internet et les autorités américaines existait bel et bien.

En effet, très peu de temps après les cyberattaques dont Google avait fait l’objet en 2010, un des responsables de l’entreprise avait déclaré à Wired être « en train de travailler avec les autorités américaines ». Mike McConnell, un ancien responsable de la NSA, avait pour sa part affirmé dans le Washington Post que ce genre de collaboration deviendrait « inévitable » dans le futur, afin de lutter contre les menaces informatiques.

Cette décision est intervenue alors qu'il est de plus en question de protection contre les cybermenaces aux États-Unis. Il y a à peine trois semaines, le « Cyber Intelligence Sharing and Protection Act » (CISPA) était adopté par la Chambre des représentants, et doit désormais subir l'approbation du Sénat. Plusieurs observateurs avaient d'ailleurs évoqué le rôle de Google, puisque le quotidien américain The Hill affirmait par exemple que la firme de Mountain View aurait « travaillé en coulisse avec le législateur », sans l’assumer publiquement.
Par Xavier Berne Publiée le 14/05/2012 à 15:43
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