Édito : les Mac sont-ils ou seront-ils marginalisés ?

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En une décennie, le statut des Macintosh a fortement évolué. Aujourd’hui, Mac OS X constitue la principale spécificité des machines d’Apple, et ces dernières ne représentent qu’une part infime du chiffre d’affaires de la Pomme. De là à penser que le Mac sera délaissé à l’avenir par Apple, il y a un pas que nous ne franchirons pas. Malgré son importance moindre, les ordinateurs restent un atout majeur pour Apple.

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Pourquoi les Mac ne sont plus ce qu’ils étaient.

Le côté financier. Au premier trimestre 2012, les ordinateurs fixes et portables d’Apple ont généré 12,9 % du chiffre d’affaires d’Apple. Et au regard des tendances actuelles, les Mac représenteront moins de 10 % du chiffre d’affaires d’Apple d’ici une poignée de trimestres. Il y a encore quelques années, ce taux était proche de 100 %, et même après le lancement des iPod, les Mac sont restés la source principale de la Pomme. En somme, aujourd’hui, Apple pourrait abandonner les Mac, l’impact financier direct serait mineur. Une action impensable il y a encore dix ans.

Le côté technique. Jusqu’en 2006, les Mac disposaient de processeurs différents du monde classique du PC. Les fameux PowerPC, conçus en partenariat avec IBM notamment, ont ainsi équipé les Mac entre 1994 et 2006. Depuis, les Mac sont passés dans l’univers du x86 et d’Intel, les rapprochant un peu plus des PC. Bien sûr, Apple tente toujours de sortir du lot, l’utilisation dès l’an passé du Thunderbolt en exclusivité temporaire étant un bon exemple. Mais tout ceci est sans rapport avec certaines technologies qui ont marqué les spécificités techniques d’Apple, dont le FireWire.

Le côté logiciel. Si Mac OS reste une vitrine pour Apple, l’importance que prend iOS fait en quelque sorte de l’ombre à Mac OS X. Quand bien même iOS aurait pour base le système des Mac, aujourd’hui, bien plus de gens connaissent iOS que Mac OS. Un mouvement qui n'a pas échappé à Apple puisque l'évolution d'OS X se fait désormais clairement vers iOS. Mountain Lion est d'ailleurs le premier pas franc dans cette direction.

Le côté sécurité. C’est une arme anti-Windows abondamment exploitée par les utilisateurs de Linux, mais aussi de Mac OS X : si les Mac sont plus réactifs, ce n’est pas uniquement parce que le système d’exploitation est mieux pensé et optimisé vis-à-vis du matériel, c’est aussi parce qu’il n’y a pas besoin d’anti-virus. Les virus étant quasi exclusivement programmés pour Windows, un Mac ne court que peu de risques. Par contre, s’il n’est pas infecté, le Mac peut très bien servir de vecteur de propagation.

Mais surtout, depuis quelques années, les virus et chevaux de Troie ont commencé à devenir de sérieuses menaces. Sans atteindre les proportions souvent remarquées sur Windows, ces logiciels malveillants ont tout de même touché plusieurs centaines de milliers de Mac, et au regard des ventes actuelles des machines de la Pomme, nous parlerons en millions tôt ou tard. Le phénomène est tel qu’Avast a récemment lancé une version Mac OS X de son antivirus gratuit.

Pourquoi les Mac restent un atout majeur pour Apple.

Le côté commercial. Cela peut paraître incohérent, mais alors que les Mac représentent une part de plus en plus petite dans le chiffre d’affaires d’Apple, il ne s’est jamais autant vendu d’ordinateurs de la Pomme depuis son existence. Rien qu’entre octobre 2011 et mars 2012, Apple a écoulé plus de 9,2 millions de Mac. Un nombre astronomique qui pourrait encore augmenter. Aujourd’hui, Apple ne se contente plus d’être un acteur important en Amérique du Nord en tant que constructeur d’ordinateurs, il l’est aussi en Europe et d’autres territoires dans le monde. Abandonner les Mac n’a donc aucun sens de ce point de vue.

Le côté médiatique. Les Mac sont particulièrement visibles dans de nombreux films et un nombre incalculable de séries TV. Si c’est aussi le cas de l’iPhone (et bientôt de l’iPad ?), le Mac reste encore le roi pour Apple en termes de visibilité dans les fictions du petit et grand écran. Or n’importe quelle pomme croquée aperçue ici et là est une publicité incomparable pour l’entreprise, ceci pour l’intégralité de ses produits.

Le côté logiciel. Les Mac disposent de l’exclusivité de Mac OS X, or ce dernier est indispensable pour développer des applications sur iOS. Sachant qu’iOS est désormais présent dans plus de 300 millions de produits dans le monde (iPod touch, iPhone et iPad), l’App Store est une plateforme inévitable pour tous les développeurs. 

Le côté logiciel (bis). Si Windows et Linux disposent d’une logithèque abondante, Max OS X compte une poignée de logiciels spécifiques très appréciés du monde professionnel, en particulier dans le secteur de la création. À moins d’autoriser Mac OS en dehors des Mac, tant que ce dernier disposera de son exclusivité, il restera désiré dans plusieurs milieux professionnels, en partie à cause d'une longue tradition.

À l’heure actuelle, les Mac sont donc loin d’être en danger. Néanmoins, si leurs ventes venaient à chuter, ne serait-ce que légèrement, leur marginalisation ne ferait que se renforcer. Pour quelles conséquences ? Il faudrait demander à Tim Cook.
Publiée le 05/05/2012 à 10:00
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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