Décès de Roland Moreno, l'inventeur de la carte à puce

Avec deux vidéos sympathiques 44
Mise à jour (8 mai 2012). Daniel Vesque a tenu à répondre à certains éléments présents dans cet article (voir ci-dessous).

Suite à votre article qui a le mérite de faire état de ma contestation judiciaire et de rapporter que j’ai précisé qu’il s’agissait d’une affaire ‘sensible’, mon employeur France Télécom étant à l’époque une sorte d’Etat dans l’Etat qui se regardait pratiquement comme constituant le ministère de l’industrie, je voudrais préciser certaines choses :

Contrairement à ce que vous écrivez, mes démarches n’ont pas été systématiquement rejetées par la justice : Suite à mes deux plaintes contre X relatives à la carte à puce dans lesquelles les mis en cause étaient des dirigeants de France Telecom, de Bull, et notamment Roland Moreno, j’ai estimé qu’il y a eu trois parodies de justice successives concernant la deuxième plainte (je ne compte pas la première) faites par les arrêts du 5 décembre 2001, du 12 septembre 2008, et enfin du 12 mai 2010, de la cour d’appel de Versailles ;

Sur mes trois demandes d’annulation successives de ces trois arrêts, la Cour de cassation a accédé à mes deux premières (cassation du 17 septembre 2002 pourvoi n°02-80881 et cassation du 28 avril 2009 pourvoi n°08-87781) mais pas à la troisième demande, alors que la troisième parodie était pourtant de taille également puisque la chambre de l’instruction a tranché l’affaire sans même instruire et en se contredisant elle-même de surcroît ; Comme si le fait d’avoir accédé à mes deux premières demandes d’annulation montrait suffisamment que la justice existait en France et donc autorisait la Cour de cassation à laisser arbitrairement en place la troisième parodie.

Enfin, vous omettez de rapporter que j’ai déclaré (cf. mon droit de réponse sur l’encyclopédie Wikipedia dans les pages de discussion sur l’article ‘carte à puce’ du 10 septembre 2011 ou ‘Roland Moreno’ du 12 septembre 2011) que j’allais saisir, dans les délais prévus, la Cour européenne des droits de l’homme en raison de cette troisième parodie de justice; C’est ce que j’ai fait par ma requête à la CEDH du 26 octobre 2011. J’espère que la Cour européenne fera mieux son travail dans cette affaire que la justice française.




Si parmi les décès de ce week-end, le grand public retiendra Eric Charden, de notre côté, c’est bien évidemment Roland Moreno qui occupe notre attention. Il faut dire que l’inventeur de la carte à puce a une importance particulière dans le secteur de l’informatique et de la téléphonie.

Une carte qui a fortement évolué ces 40 dernières années

Née le 25 mars 1974 sous forme de brevet, la carte à puce a désormais envahi le monde et est utilisée de bien des manières : des cartes bancaires aux cartes SIM, en passant par les cartes de cabines téléphoniques, les passeports, les cartes de transport et d’autres cartes personnelles liées à la santé par exemple. Ces multiplications de produits n’ont pas pour source unique la création de Roland Moreno, mais aussi diverses évolutions ou compléments opérés par à Bull ou encore l’Allemand Jürgen Dethloff.

Roland Moreno, pour sa part, a vu le jour le 11 juin 1945 au Caire, en Égypte. Après avoir arrêté ses études peu après le bac, Moreno cumulera de nombreux petits boulots sans rapport avec l’électronique (sa passion) dans les années 60. Mais c’est dans les années 70 que l’histoire commence réellement, avec tout d’abord la rencontre avec Marcel Botton, spécialiste des marques et de la propriété industrielle, et la création d’Innovatron en 1972. Au départ une simple association de loi 1901, Innovatron est rapidement devenue une SARL puis une SA (Société Anonyme).

Des brevets dans le domaine public

Aujourd’hui, la société s’est spécialisée dans la gestion de licences et de brevets (NFC, etc.), laissant donc le soin aux autres grandes sociétés de développer les produits. À ses débuts, Innovatron a néanmoins une activité industrielle qu’il arrête dans les années 90 suite à certaines difficultés financières, liées à la fin de l’exploitation de certains brevets tombés dans le domaine public. Du fait des brevets importants d’Innovatron, de nombreux géants informatiques ont d’ailleurs tenté d’invalider ces brevets ou de racheter l’entreprise, ceci dès les années 70, en vain.


Notez que si la carte à puce a vu le jour dans les années 70, il faudra attendre diverses évolutions (d’Innovatron et de concurrents) pour qu’elle se généralise partout en France puis dans le reste du monde. Des évolutions en termes de sécurité ont notamment été indispensables afin de rassurer certains clients. Cela explique pourquoi la carte bancaire ne pu voir le jour que durant les années 90, alors qu’initialement, ces cartes bancaires devaient être disponibles à la population dès les années 80. L’arrivée de la technologie RFID permettra ensuite au cours des années 2000 de développer des cartes sans contact.

L'affaire Daniel Vesque

Rappelons enfin que sa paternité de la carte à puce a été contestée, notamment par Daniel Vesque, ingénieur du Centre National d'Études des Télécommunications (CNET), qui estime être le véritable inventeur du concept. Daniel Vesque, dans un droit de réponse publié sur Wikipédia, précise d’ailleurs être en conflit avec France Télécom (son ex-employeur) et Bull. « Il s’agit donc d’une affaire ‘sensible’ et non pas d’une simple affaire entre deux particuliers, comme le porte à croire notamment M. Roland MORENO » résume Vesque.

Plusieurs plaintes ont été déposées à partir des années 90. Ses procédures ont toutes été rejetées avant d’avoir le fin mot de l’histoire l’an passé par la Cour de Cassation, qui estima « qu'il n'existait pas de charges suffisantes contre quiconque d'avoir commis les délits reprochés, ni toute autre infraction ».

Roland Moreno nous a quitté hier, dimanche 29 avril 2012, à l’âge de 67 ans.
Publiée le 30/04/2012 à 15:40
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

Soutenez nos journalistes

Le travail et l'indépendance de la rédaction dépendent avant tout du soutien de nos lecteurs.

Abonnez-vous
À partir de 0,99 €

Publicité