Le FBI saisit un serveur hébergeant un service de courriels anonymes

Le terrorisme, l'éternel prétexte 47
Cible des réseaux sociaux Facebook et Google+, l’anonymat est aussi attaqué par les autorités américaines. Le FBI a en effet saisi mercredi un serveur à New York, suite à une enquête portant sur diverses alertes à la bombe à l’Université de Pittsburgh réalisées ces dernières semaines. Le serveur hébergeait un service offrant aux internautes Mixmaster, un « remailer » permettant d’envoyer des courriels anonymement.

Une attaque contre l'anonymat

Selon les organisations Riseup Networks et May First/People Link, toutes deux détentrices de la machine saisie, cette « attaque gratuite » vise l’anonymat dans son ensemble. « Cette saisie n’est pas seulement une attaque à notre encontre, mais une attaque à l’encontre de tous les utilisateurs d’Internet qui ont besoin de communications anonymes » résume Jamie McClelland, le directeur de May First/People Link.

D’après le communiqué commun des deux fournisseurs de services, le FBI ne s’est pas attaqué ici à des fous et des terroristes, mais à des « universitaires, des artistes, des historiens, des groupes féministes, des groupes de défense des droits des homosexuels, des centres sociaux, des archives de documentation et de développement de logiciels ainsi que des groupes sur la liberté d’expression ».

En effet, outre Mixmaster, la machine saisie faisait fonctionner des listes de discussion, des sites web, des centaines d’emails, etc. Pas un seul n’est soupçonné d’être impliqué dans les alertes à la bombe. Pire encore, le serveur ne comportait aucune donnée. En somme, la machine saisie ne pourra pas renseigner le FBI si une personne a utilisé Mixmaster pour réaliser ses alertes à la bombe.

Une "punition extra-judiciaire"

« Le FBI pratique une approche au bulldozer, en arrêtant les services de centaines d’utilisateurs pour les actions d’un seul anonyme. C’est particulièrement mal visé car il y a très peu de chances que se trouvent sur le serveur des informations sur la source des emails de menaces » explique Devin Theriot-Orr, porte-parole de Riseup Networks.

Pour Riseup et May First/People Link, si quelques personnes abusent certainement du réseau, elles restent ultra minoritaires. Selon les deux sociétés, cette saisie n’est donc qu’une « punition extra-judiciaire, une attaque de la liberté d’expression et de l’anonymat sur Internet avec la volonté de refroidir les autres fournisseurs de services d’anonymisation ».

Au final, cette prise de serveur n’aurait pour but que de faire croire aux médias que la FBI avance dans son enquête estime les deux collectifs.
Publiée le 21/04/2012 à 08:00 - Source : Merci Lunar
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

Soutenez nos journalistes

Le travail et l'indépendance de la rédaction dépendent avant tout du soutien de nos lecteurs.

Abonnez-vous
À partir de 0,99 €

Publicité