Le jeu vidéo physique en chute libre en France : à qui la faute ?

Les jeux, la crise, le numérique, les Inuïts ? 148
Le marché physique français des jeux vidéo traverse-t-il une simple mauvaise passe, ou la crise sera-t-elle durable ? Selon notre confrère Les Échos, le premier trimestre 2012 a régressé de 25 % en quantité dans le secteur physique du jeu vidéo, et de 23 % en valeur. Si les téléchargements de jeux compensent en partie ces reculs, les conséquences pour les boutiques sont désastreuses…

Mass Effect 3

Un trimestre à oublier

Sans réels blockbusters hormis un ou deux titres (Mass Effect 3 notamment), le premier trimestre n’est peut-être qu’une période molle qui sera compensée par les autres trimestres de l’année. Mais il ne s’agit ici que de supputations, même si cette tendance s'est aussi vérifiée outre-Atlantique. La réalité, elle, n’a en tout cas rien de joyeuse avec 6,65 millions de jeux écoulés (-25 %) pour un chiffre d’affaires de 230 millions d’euros (-23 %) en ce début d'année 2012 en France.

Quel est le poids des ventes dématérialisées dans ces mauvais résultats ? Est-ce une volonté pour les éditeurs des jeux vidéo de tuer le marché de l’occasion, mais aussi les boutiques ? Le but est-il de forcer les joueurs à passer par des plateformes comme Steam et Origin ? Le marché du jeu vidéo dans son ensemble est-il tout simplement en déclin ?

Recherche futures consoles désespérément

Ces questions méritent d’être posées, le sort des boutiques, mais aussi celui de l’occasion sont en jeu si le dématérialisé venait à devenir majoritaire. Il est cependant encore tôt pour d’ores et déjà enterrer les boutiques, même si les temps sont particulièrement difficiles ces derniers trimestres.

N’oublions pas en effet que la Wii, la Xbox 360 et la PS3 sont en fin de cycle et que le marché attend impatiemment la sortie des futures Wii U et autres PS4 et Xbox 720, prévues pour fin 2012 ou 2013 (voire 2014). L’arrivée de gros titres d’ici la fin de l’année devrait aussi dynamiser le marché.

L'ombre des réseaux sociaux et des smartphones

Notre confrère économique note ainsi que certains éditeurs sont de plus en plus frileux et misent sur les réseaux sociaux et les petits jeux sur smartphones et tablettes. Ainsi, les jeux pour consoles et PC/Mac seront peu nombreux chez Electronic Arts cette année, avec 21 titres en 2012 contre 68 en 2009. La page d’EA pour les jeux récemment sortis regorge effectivement de titres pour iPhone, iPad, Android, BlackBerry, Kindle, etc. Quant aux jeux à venir, ils ne sont que 13, dont certains pour l'an prochain.

« L'avenir est à la dématérialisation »

Les réactions à cette actualité chez nos confrères spécialisés dans les jeux vidéo sont en tout cas nombreuses. Ainsi, pour Jeuxvideo.com, « Ces données, qui ne font sans doute qu'enfoncer des portes ouvertes, confirment une chose : que l'on soit ou non d'accord avec cette évolution, l'avenir est à la dématérialisation. D'ailleurs, les revendeurs de jeux vidéo se préparent déjà à cette mutation. »

« Ce n'est qu'un début »

Une tendance confirmée par Gamekyo.com, qui remarque que « les éditeurs ont de plus en plus tendance à proposer dès la sortie des versions boîtes et dématérialisés, quand ce n'est pas uniquement dans ce dernier cas, comme on a pu le voir avec le premier Crysis sur PS3 et Xbox 360. Journey, Escape Plan, Alan Wake : American Nightmare... Autant de titres de qualité qui évitent maintenant les bacs et ce n'est qu'un début : il suffit de voir à quel point Microsoft mise cette année sur son Xbox Live Arcade. »

Plus concentrés sur les « petits » jeux, propres à être vendus en dématérialisé et non en boîte, les éditeurs ne sont pas forcément les plus gros perdants de cette crise. On ne peut pas en dire autant des développeurs, des boutiques et même des joueurs…
Publiée le 18/04/2012 à 00:00
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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