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Le cofondateur de Google s’alarme de l’état des libertés sur Internet

Un Brin de folie

Sergey Brin, l'un des pères de Google, vient d’accorder une interview au quotidien britannique The Guardian, dans lequel il considère que « les principes d'ouverture et d'universalité d’accès qui sous-tendaient à la création de l'Internet il y a trois décennies sont plus que jamais menacés ». Plus précisément, le cofondateur de Google dénonce « la combinaison des gouvernements essayant de contrôler de plus en plus les communications des citoyens, des industries du divertissement qui tentent d’éradiquer le piratage, et de la montée de « jardins clos » tel Facebook ou Apple, qui contrôlent étroitement ce qui peut être publié sur leurs plates-formes ».

sergey brin google
Crédits: "Sergey Surprise on China"/ Juvetson, Flickr.

S’agissant des menaces de type gouvernementales, Sergey Brin a déploré « les efforts des pays comme la Chine, l'Arabie saoudite ou l'Iran pour censurer et restreindre l'utilisation de l'Internet ». Google s’était d’ailleurs fait remarqué en janvier 2010 pour avoir tenu tête au régime chinois, en opposition à la censure. Il a également reconnu s’être probablement trompé, lorsqu’il déclarait il y a cinq ans ne pas croire que « la Chine ou un autre pays puisse limiter efficacement l’internet sur le long terme ».

Il s’en est ensuite pris à des entreprises privées, dont certaines sont désormais ses concurrentes directes. Selon le Guardian, Sergey Brin s’est « alarmé de la montée de Facebook et Apple, qui possèdent leurs propres plates-formes propriétaires et contrôlent l'accès de leurs utilisateurs, ce qui risque d'étouffer l'innovation et de balkaniser le Web »... Des propos qui interviennent alors que Google est justement pilonné de procédures en Europe où plusieurs concurrents l’accusent d’abus de position dominante, reprochant au géant américain de privilégier ses propres services dans les résultats du moteur.

D’après Brin, il n’aurait pas pu mettre en place son moteur de recherche avec Larry Page si l’Internet avait été dominé par Facebook. Les piques s’avèrent relativement nombreuses vis-à-vis du principal concurrent de Google +, le réseau social de Google. Il ajoute ainsi que « Facebook aspire les contacts Gmail depuis de nombreuses années ». Rappelons au passage que Google a lui aussi fait l’objet de vives critiques s’agissant de sa politique de protection des données personnelles.

Le Guardian précise toutefois que Sergey Brin a réservé « ses mots les plus durs pour les industries du divertissement », qui selon lui « se tirent une balle dans le pied, ou peut-être même pire que dans le pied ». Le cofondateur de Google regrette les nombreuses pressions qu’ont exercées les différents lobbies américains pour lutter contre le piratage, et plus particulièrement lorsqu’ils proposaient des fermetures de sites. On se souvient d’ailleurs que Google faisait partie des opposants aux projets de lois SOPA/PIPA.

Selon le Guardian, Brin « a déclaré que les projets de lois SOPA et PIPA défendus par les industries du film et de la musique auraient conduit les États-Unis à utiliser la même technologie que celle qu'il a critiqué s’agissant de la Chine et de l'Iran. L'industrie du divertissement a échoué à réaliser que les gens continueraient à télécharger des contenus piratés aussi longtemps qu'il serait plus facile de se les procurer [illégalement] que légalement ».

L’article se termine sur la reconnaissance par Sergey Brin « que certaines personnes s’inquiétaient de la quantité de leurs données qui se trouvait désormais à la portée des autorités américaines du fait de leur présence sur les serveurs de Google ». Brin a ainsi tenté de rassurer: « Nous faisons tout ce qui est possible pour protéger les données. Si nous pouvions avoir une baguette magique et ne pas être soumis à la loi des États-Unis, ce serait formidable ».
Publiée le 17/04/2012 à 10:01

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