L'ex-PDG Jim Balsillie avait des plans très différents pour RIM

De deux maux le moindre ? 19
Les derniers mois de Research In Motion ont été marqués par de nombreuses difficultés. Mauvais résultats financiers, départ des deux co-PDG Jim Balsillie et Mike Lazaridis, remaniement général et licenciements : le père des BlackBerry a besoin de se réinventer. Selon Reuters pourtant, Jim Balsillie avait une vision très différente de ce que devait être le futur de la firme.

blackberry

Ouvrir les services de RIM aux opérateurs

Jim Balsillie avait pour idée générale de laisser les opérateurs de téléphonie mobile utiliser les infrastructures réseau de RIM afin de débloquer certaines fonctionnalités sur tous les smartphones. Cette ouverture aurait notamment permis aux iPhone et modèles Android d’utiliser BlackBerry Messenger, une modification radicale de la ligne de conduite de RIM. Le constructeur est en effet toujours resté jusqu’ici focalisé sur un écosystème cohérent et fermé.

Lors de la présentation de ces idées cependant, Jim Balsillie aurait fait face à un véritable mur de refus. Toujours selon Reuters, l’autre co-PDG Mike Lazaridis aurait affiché son propre désaccord, épaulé par le PDG actuel Thorsten Heins ainsi qu’au minimum la majorité du conseil d’administration. Cet événement aurait pu être le principal moteur de la décision de Jim Balsillie de présenter sa démission puisqu’il ne siège même plus au conseil aujourd’hui (alors que Mike Lazaridis en est le vice-président).

Les parties impliquées dans le refus du plan de Balsillie préféraient celui effectivement mis en mouvement. BlackBerry 10, attendu pour la fin de l’année, doit marquer un tournant dans l’histoire de la firme. La pression est conséquente sur le nouveau système (et donc les développeurs) car il se signalera dans la foulée par une nouvelle génération de smartphones. RIM capitalisera sur ses forces et BlackBerry Messenger en fait clairement partie.

Un seul produit pour sauver la société

Le nouveau PDG Thorsten Heins n’a pas caché ses ambitions de nouer des partenariats stratégiques. Mais même si elle n'écarte pas d'accorder des licences d’exploitation du système BlackBerry, la firme tient à rester pleinement maitresse de ses produits à forte valeur ajoutée. Mais Heins le sait déjà : la faille majeure de ce plan est qu’un échec des smartphones BlackBerry 10 entraînera celui de toute la société.

RIM marche maintenant sur une fine pellicule de glace. Plus que la seule sortie des smartphones BlackBerry 10, c’est toute la stratégie de l’entreprise qui pourrait tomber à l’eau. La ligne de conduite est délicate : s’ouvrir à de nouvelles alliances sans rien perdre de l’intégrité de la plateforme. L’automne 2012 sera donc déterminant pour le Canadien.
Publiée le 16/04/2012 à 12:24 - Source : Reuters
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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