Le réseau social Google+ continue sa chasse aux pseudos

Adieu anonymes 72
Ces dernières semaines, Google+ s’est de nouveau attaqué aux membres du réseau social utilisant exclusivement un pseudonyme. Et le choix pour les membres est toujours aussi simple : changer leur pseudonyme et utiliser leur véritable nom, ou voir Google supprimer leur profil. Ce qui n’est pas sans conséquence sur les autres services de la firme.

Google+ pseudonyme 

G+, Reader et Picasa concernés

« En cas de suspension de votre profil, vous ne pourrez plus utiliser les fonctionnalités des services Google qui requièrent un profil actif, tels que Google+, Google Reader ou Picasa. Néanmoins, vous pourrez toujours accéder aux autres services Google, tels que Gmail. Pour restaurer votre profil, il vous suffit de modifier votre nom et d'envoyer une réclamation à notre équipe en suivant les instructions à l'écran. »

Voici les conséquences officielles décrites par Google dans son règlement relatif aux noms de Google+. Et si vous en doutiez encore, les pseudonymes resteront toujours l’exclusivité des artistes, les particuliers n’étant pas des personnalités pourront tout au plus intégrer leur pseudo dans leur nom. Mais en aucun cas utiliser de façon unique leur pseudonyme.

L'intérêt du nom véritable

Cette volonté de bannir l’usage des pseudos existe depuis la création de Google+ l'été dernier, et cela n'a jamais réellement changé, même si des améliorations ont été consenties pour ceux acceptant d'intégrer leur pseudonyme à leur nom. L’usage du véritable nom des membres et utilisateurs du réseau social fait même parti de son essence. En effet, Google répète sans cesse dans son règlement l’importance du nom usuel. Pour l’entreprise américaine, le but de cette politique est multiple :
  • imposer la création d’un compte unique (et donc éviter les multi-comptes comme sur Facebook)
  • empêcher l’usurpation d’identité
  • faciliter la recherche d’une personne en particulier, même s’il existe des homonymes

Un impact sur la recherche en ligne

Mais cela va bien plus loin encore. Larry Page, le co-fondateur de Google et l’actuel PDG de la société, a longuement abordé Google+ dans son bilan publié ces derniers jours. Dans le volet dédié à la nouvelle génération de la recherche en ligne, Page explique que nos informations personnelles et nos relations peuvent permettre une recherche plus précise et personnalisée.

« Aujourd'hui, la plupart des résultats de recherche sont de nature générique, de sorte que deux étrangers assis côte à côte dans un café obtiendront des réponses très similaires. » Mais en disposant des goûts et préférences (+1), des noms exacts des personnes et d’autres détails plus personnels, Google souhaite offrir des résultats de recherche plus proches de nous. Et Google+ offre justement cette possibilité.

« Imaginez comment la recherche serait bien plus efficace si nous ajoutions... vous-même » remarque Larry Page. « Disons que vous avez été étudiant en informatique pendant un certain temps comme moi, alors les informations dont vous avez besoin ne seront pas d’une grande aide à un novice et vice-versa. »

Le PDG de Google note ensuite que si l’on cherche une personne en particulier, nous voulons obtenir des résultats pour cette personne et pas une autre, y compris ses homonymes. « Ce sont des problèmes difficiles à résoudre sans connaître votre identité, vos intérêts, ou les personnes que vous appréciez. »

Une vision globale, pour une recherche personnalisée

Au regard de ces propos, vous comprendrez donc que Google ne risque pas de changer radicalement sa politique de pseudonyme sur Google+. Qui plus est, cela explique la nouvelle politique de confidentialité de Google, similaire à l’intégralité de ses services, permettant ainsi de relier toutes les données entre ces mêmes services.

La vision de Google est aujourd’hui globale. Devenue tentaculaire, la société est utilisée par des centaines de millions d’internautes et mobinautes, et la monétisation de ses services passe désormais par cette concentration et cette centralisation de données. Ce qui n’est logiquement pas sans créer quelques inquiétudes.

Expliquant le cas d’un vieil ami nommé Ben Smith, aux homonymes innombrables, Larry Page conclut son volet sur la nouvelle génération de la recherche de la façon suivante :

« Google+ permet à Google de comprendre les gens et leurs connexions. Alors, quand je recherche Ben Smith, je reçois le vrai Ben Smith (pour moi), là, dans ma fenêtre de recherche, complété avec sa photo. Auparavant, la fenêtre de recherche aurait tout simplement affiché une série de lettres que j’aurai tapé, sans réellement comprendre que je cherchais une personne unique. C'est un changement énorme et important, et il y a encore une tonne de travail à faire. Mais ce genre de recherche nouvelle génération dans lequel Google comprend les entités du monde réel vous aidera à améliorer nos résultats par de nouvelles façons excitantes. Il s'agit de bâtir une véritable connaissance dans notre moteur de recherche. »

Et Google+ semble être la pierre angulaire de cette nouvelle génération de recherche made in Google, sachant que le réseau social a déjà été intégré dans plus de 120 services de la société… Ceci au grand dam de ceux appréciant l'anonymat.
Publiée le 11/04/2012 à 15:50 - Source : Merci Arnaud
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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