Sony annonce près de 5 milliards d'euros de pertes pour son année fiscale

Contre 2 milliards il y a deux mois 38
Alors que des rumeurs courent sur d’éventuelles suppressions massives d’emplois chez Sony, la société japonaise vient officiellement d’annoncer avoir revu fortement à la hausse ses prévisions de pertes pour sa dernière année fiscale (clos le 31 mars 2012). Sony table ainsi sur près de 5 milliards d’euros de pertes. La firme nipponne prévoyait pourtant en février dernier une perte de 2 milliards d’euros…

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Un problème de crédits d'impôt...

La claque infligée aux employés, aux investisseurs, aux créanciers et aux actionnaires doit être particulièrement violente. Il faut dire que Sony a en l’espace de deux mois totalement changé ses prévisions. D’une perte nette de 220 milliards de yens, soit 2,08 milliards d’euros, voilà que le créateur de la PlayStation et du baladeur annonce une perte de 520 milliards de yens, soit l’équivalent de 4,9 milliards d’euros.

Comment expliquer cette augmentation de près de 3 milliards d’euros en à peine plus de 60 jours pour son exercice financier se clôturant le 31 mars 2012 ? Sony avance comme principale raison une provision pour des crédits d’impôt différés aux États-Unis et dans d’autres pays de l’ordre de… 300 milliards de yens, soit les quasi 3 milliards d’euros supplémentaires. Des annulations de crédit d’impôt seraient donc en cause, d’où cette inflation « surprise » de ses pertes.

Les autres prévisions de Sony sont pour leur part stables. Son chiffre d’affaires devrait toujours s’élever à environ 6400 milliards de yens, soit 60 milliards d’euros, tandis que ses pertes avant impôts sont de 115 milliards de yens, soit 1,09 milliard d’euros.

Le retour aux bénéfices dès cette année ?

Malgré ces résultats catastrophiques, Sony n’en demeure pas moins optimiste et annonce pour sa nouvelle année fiscale un retour aux bénéfices, du tout du moins du côté du bénéfice d’exploitation. Négatif de 95 milliards de yens (900 millions d’euros) cette année, il pourrait devenir positif de 180 milliards de yens (1,7 milliard d’euros) pour l’exercice 2012.

Ce redressement financier pourrait être atteint grâce à une chute du yen par rapport à l’euro et au dollar, à une demande plus forte en 2012 et surtout à des économies réalisées dans ses filiales les plus déficitaires. La division LCD est notamment pointée du doigt. Les 10 000 suppressions d’emplois n’ont pas été confirmées, mais elles n’auraient rien de surprenantes.

Notez enfin que son compatriote Sharp a prévu pour sa part une perte record équivalente à de 3,7 milliards d’euros pour son dernier exercice fiscal…
Publiée le 11/04/2012 à 08:17
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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