Décès de Jack Tramiel, père du Commodore 64 et de l'Atari ST

Un monstre de l'informatique et du jeu vidéo nous quitte 75
Un nouveau fondateur qui a marqué l’histoire de l’informatique auprès du grand public vient de nous quitter. Jack Tramiel, le fondateur de la société Commodore, à l’origine des ordinateurs du même nom, et président d’Atari dans les années 80 et 90, nous a quitté dimanche 8 avril dernier aux États-Unis, à l’âge de 83 ans.

Jack Tramiel Commodore Atari
Source : Wikipédia.

Des machines à écrire aux ordinateurs

Né en Pologne en décembre 1928 sous le nom d’Idek Tramielski, Jack Tramiel a émigré en Amérique en 1945. Il fonda la fameuse entreprise Commodore à l’âge de 25 ans. À l’origine nommée Commodore Portable Typewriter et donc dédiée aux machines à écrire. La société évolue les années suivantes, abandonnant les machines à écrire puis les calculatrices, afin de devenir dans les années 70 ce qui nous intéresse, à savoir une entreprise tournée vers l’informatique.

À la fin des années 70, Commodore dévoile au CES de Chicago le PET (Personal Electronic Transactor), un ordinateur basé sur un microprocesseur 8 bits à bas prix nommé MOS Technology 6502. L’ordinateur connaît un petit succès en Europe, mais est néanmoins très vite dépassé par la concurrence, et notamment celle d’Atari (800) et Apple (II), qui offrent des machines dans des gammes de prix et à la puissance assez proches voire similaires, mais dont l’affichage et le design sont supérieurs.

Le Commodore 64 : un succès sans précédent en Europe

Un peu plus tard, en 1982, le mythique Commodore 64 voit le jour et connaît un immense succès, se vendant par million à travers le monde. Armé de 64 Ko de RAM (d’où son nom), cet ordinateur est surtout vendu à un tarif très agressif par rapport à la concurrence, le but de Commodore étant de démocratiser l’informatique.

Commodore 64
Le Commodore 64. Source.

Son rapide succès pousse les développeurs de jeux vidéo à offrir leurs services pour cette machine, au point que des centaines de jeux seront très vite disponibles pour les détenteurs du Commodore 64. D’Arkanoid à Castlevania en passant par les Ultima, les Turican, Test Drive, SilkWorm, Sim City aux Indiana Jones, des jeux ont été développés pendant une bonne décennie pour cette machine qui a envahi bien des foyers.

Plus tard, dans les années 80 et 90, Commodore a développé d’autres machines comme le Commodore 128 (en 1985), ou encore les fameux Amiga 500, 1000, 2000, 3000, 4000, etc. Eux aussi connurent un immense succès en Europe, alors qu’Apple et IBM dominaient plutôt l’Amérique du Nord.

Néanmoins, ces succès ne concernent pas Jack Tramiel. Ce dernier a en effet quitté sa propre société pour fonder en 1984 Tramel Technology, qui racheta Atari à Warner Communications (aujourd’hui Time Warner). Warner avait lui-même racheté Atari, société dédiée aux jeux vidéo, en 1976. Après divers succès dans les années 70, Atari a subi de plein fouet le « crash du jeu vidéo de 1983 » en Amérique du Nord. Warner se sépare ainsi de sa filiale et la cède à Tramiel.

Atari ST
L'Atari ST. Source.

De l'Atari ST au Jaguar

Atari Corporation, son nouveau nom, renouera rapidement avec le succès avec le fameux Atari ST (1985). Un peu plus tard, la console portable Lynx (1989) et la console de maison Jaguar (1993) furent proposées au public, sans cette fois connaître le succès escompté. L’aventure pour Jack Tramiel avec Atari pris cependant fin en 1996, après avoir tenté de prendre du recul en 1995. Cette année là, Tramiel s’éloigna en effet d’Atari, laissant la direction de la société à son fils Sam. Ce dernier eut néanmoins une attaque au cœur, forçant le paternel à reprendre son poste de président. Un an plus tard, en 1996 donc, Atari fut vendu à JT Storage, une société américaine spécialisée dans les disques durs. Jack Tramiel a alors 67 ans.

Que sont devenus Commodore et Atari entre temps ? Aujourd’hui, le nom Commodore n’a pas disparu et vit toujours à travers la société Commodore USA. Cette dernière offre certains produits sous le nom de Commodore et d’Amiga, surfant sur le passé mythique de la firme. Quant à Atari, après avoir été vendu par JT Storage à Hasbro en 1998. Ce même Hasbro fut croqué par le Français Infogrames. Ce dernier changea de nom et utilisa Atari à partir de 2003. Aujourd’hui, Atari n’a donc plus aucun rapport avec Jack Tramiel et n’est donc qu’un éditeur et développeur de jeux vidéo, et non un constructeur de machines.
Publiée le 10/04/2012 à 16:29
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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