(Màj) ODDNS veut en finir avec le DNS classique et sa censure potentielle

Parce qu'il « n’est pas possible d’empêcher les gens de parler » 65
Mise à jour : Le site officiel a désormais une nouvelle adresse : http://oddns.org/. Le projet est considéré maintenant comme lancé, les documentations ont été largement étoffées, un gestionnaire de bugs est disponible et des traductions vers l'anglais et l'espagnol sont en cours.



De manière assez récurrente, on aborde le cas des DNS dans les actualités sur le filtrage. Le Domain Name System est une infrastructure qui permet de traduire un nom de domaine en adresse IP ainsi que d’autres données d’identification. Composante vitale du web, il est également l’un des maillons possibles du filtrage des sites. Un projet français du nom d’ODDNS propose cependant une manière différente de procéder, avec comme objectif principal de se prémunir contre la censure.

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« Il n’est pas possible d’empêcher les gens de parler »

ODDNS signifie « Open & Decentralized DNS ». Ce projet a été mis en place par le développeur web Jimmy Rudolf qui nous a indiqué en avoir eu principalement l’idée en suivant les actualités sur le filtrage DNS. Le concept est contenu dans le titre : un système DNS ouvert et décentralisé, fonctionnant en fait sur le modèle du Peer-To-Peer.

L’auteur nous explique que deux raisons ont particulièrement motivé son travail. Tout d'abord « montrer aux gouvernements qu’il n’est pas possible d’empêcher les gens de parler ». Ensuite, devenir vraiment propriétaire de son domaine : « Je trouve aberrant de devoir payer de manière régulière un nom de domaine ».

Le Peer-To-Peer du DNS

ODDNS agit comme un système de noms de domaine alternatif. Il peut suppléer ou remplacer le DNS classique. Les développeurs et webmasters peuvent choisir d’installer chez eux un serveur DNS équipé du module serveur ODDNS. C’est cette machine qui fera le relai pour les clients cherchant à l’atteindre via ODDNS.

Pour que le système fonctionne efficacement, il faut que les utilisateurs aient installé eux-mêmes le client ODDNS. Ce composant récupère les informations nécessaires et les diffuse à la machine pour qu’elles soient exploitables. Le client ODDNS fonctionne également comme un client P2P, c’est-à-dire qu’il devient à son tour émetteur des informations. Au sein de cette structure, il n’y a pas de serveurs racines, pas de regristrars, pas d’ICANN et ainsi de suite.

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Jimmy Rudolf nous explique que le client ODDNS « fonctionne à la manière d’un dépôt d’une distribution Linux. Le client récupère les fichiers de zone et les transmet au serveur DNS ». Cette opération est réalisée par le wrapper bind mais l’auteur souhaite actuellement que d’autres wrappers soient créés. Il est conscient également que la présence des clients ODDNS sur les machines est une limitation inhérente au projet. Autre limitation, le fait qu'ODDNS est une surcouche, mais l'objectif est de totalement le remplacer par la suite.

Du réseau sous-terrain à la conquête d’internet

Selon Rudolf, ODDNS pourrait également éviter certaines limitations. Notamment une certaine fragilité sur le plan de la sécurité pour les serveurs DNS. Il pointe en particulier sur les attaques qui avaient pris place en 2002 et 2007. Il a également ajouté qu’avec ODDNS, on peut utiliser le champ complet des possibilités définies dans le document RFC 1033 de l’IETF pour les noms de domaines.

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Il faut bien noter dans tous les cas qu’ODDNS est un projet qui débute. L’auteur cherche à ce propos des développeurs motivés qui pourraient participer et accélérer les travaux. Bien entendu, le code d’ODDNS est libre et toutes les démarches sont expliquées sur le site. Précisons en outre que le site actuel n’est pas encore l’officiel. Ce dernier sera publié lundi et nous mettrons alors à jour cette actualité. La première bêta sera proposée dans la foulée car aucune version stable du client n’existe pour le moment.

À terme, Jimmy Rudolf aimerait que son projet se répande. Dans un premier temps, ODDNS pourrait avoir le même impact sur la liberté d’expression que le réseau décentralisé Tor. Plus en avant dans le futur, il rêve d’un monde où les serveurs racines et des organes tels que l’ICANN ne seront plus d’aucune utilité. 
Publiée le 06/04/2012 à 18:43 - Source : ODDNS
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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