Après les mails Hadopi, Thomas Dutronc propose fessée, martinet et dictée

ou des boules Quiès ? 122
France Inter, qui consacre une journée à Hadopi, s’est armé d’un micro pour recueillir quelques avis dans les milieux de la musique ou du cinéma. Les deux secteurs qui alimentent en adresse IP la Hadopi pour adresser des milliers de courriers d’avertissements chaque jour.

Inadaptée

D’entrée, Mathias Malzieu estime pour sa part qu’Hadopi rime avec « hypocrisie » et est même « une très mauvaise réponse ». Il approuverait ainsi l’idée de François Hollande de concentrer l’attention sur les intermédiaires techniques. Le chanteur de Dionysos estime en effet que « les vrais responsables là ce sont les fournisseurs d’accès. Donc, c’est eux qu’on devrait taper, c'est-à-dire les gens qui diffusent la musique pas ceux qui la téléchargent. On devrait s’attaquer aux dealers plutôt qu’aux petits consommateurs. »

Inciter les FAI à la complicité

Dealers ? L’occasion d’aller frapper du côté du milieu du cinéma. Florence Gastaud, la Déléguée Générale de l'ARP (Société civile de perception et de répartition des auteurs, réalisateurs et producteurs indépendants) a sa petite idée, toujours au micro de France inter. Plutôt que surtaxer les FAI – qui versent déjà chaque année 450 millions d’euros au secteur - elle propose de les inciter à financer la culture par des allégements. « Soit vous êtes un transporteur de contenu (…) et vous êtes dans une taxation normale, soit vous êtes un complice de la fabrication de l’œuvre culturelle et à ce moment-là peut-être réfléchir à des avantages qui pourraient les inciter à aller sur ce financement. Je pense qu’Orange peut être ouvert à ce type de discussion. Free, ça peut être plus délicat ». La déléguée de l’ARP n’a pas précisé quels seraient exactement ces « allègements », et donc le rôle de l’État et derrière la participation du contribuable.

"Ca fait chier"

Thomas Dutronc a également lâché sa guitare pour saisir le micro de nos confrères. L’artiste était là cinq jours avant l'ouverture des débats parlementaires. Le 6 mars 2009, il s’était ainsi rendu en salle Colbert à l’Assemblée nationale pour assister à un colloque de l’UMP, au côté de Pascal Nègre, numéro un d’Universal Music France. L’analyse faisait déjà rougir les Nostradamus en herbe : « je trouve que cette loi est vraiment très bien adaptée. » 

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Thomas Dutronc, Pascal Nègre, F. de Panafieu, Franck Riester, Jean François Copé (mars 2009, photo MR)
 
Trois ans plus tard, le chanteur enrichit sa thèse « moi ce que je disais au début de la Hadopi, c’était que la maison brûle et donc, on essaie d’éteindre le feu comme on peut. Même si la loi n’est pas parfaite il fallait faire quelque chose ». En ce mois d’avril 2012, absent des derniers classements SNEP (single, album) ; le chanteur-guitariste fait ce constat amer : « il y a une réalité monétaire aujourd’hui qui fait qu’il y a moins de sous parce qu’il y a moins de disques vendus ».

Pourquoi ? « Aujourd’hui, il n’y a plus de disquaires par contre il y a des boutiques de téléphones portables tous les 20 mètres. Ca fait chier de payer des abonnements hyper chers et pas payer des disques ! ». Le roi du manche a donc sa petite idée : « je propose que les gens qui téléchargent, aient des mails, des machins, de la flagellation, le martinet, la fessée, une dictée. Enfin, des lois vraiment répressives, un truc vraiment chaud. » Que Frédéric Mitterrand se garde de déposer illico un projet de loi en ce sens. C’était de l’humour de chanteur.
Publiée le 05/04/2012 à 09:04
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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