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FTTH : Free ne cherche plus à raccorder de nouveaux immeubles

Mais plutôt à attirer les abonnés

La fibre optique jusqu’au domicile de l’abonné (FTTH) reste actuellement en France très confidentielle. La faute à une publicité quasi inexistante, un très faible taux de conversion des abonnés pourtant éligibles et au succès de l’ADSL encore trop important. Et cette situation ne devrait pas s’inverser, tout du moins du côté de Free. Notre confrère ZDNet a ainsi dévoilé hier que Free avait fortement réduit le nombre de nouveaux immeubles fibrés.

Free fibre optique 100Mbps

Mieux vaut raccorder que de signer de nouveaux immeubles

Une nouvelle stratégie a été mise en place par Free en matière de très haut débit. Désormais, l’opérateur préfère se concentrer sur les immeubles fibrés et se contente de deux actions : convaincre les habitants des immeubles qu’il a déjà fibrés afin d’augmenter le taux de pénétration, et louer le réseau des immeubles fibrés par ses concurrents.

Interrogé par ZDNet, Maxime Lombardini, le directeur général d’Iliad, a été très clair sur ce point : « Nous pensons qu'il est plus important de transformer les logements éligibles en logements raccordés plutôt que de chercher à signer le plus d'immeubles possible. Vu le taux de transformation encore trop faible, on se focalise d'abord sur les immeubles signés avant de chercher à en couvrir d'autres. »

Un taux d'abonnement misérable...

Il est vrai que la situation actuelle est assez désastreuse. Selon l’ARCEP, au 31 décembre 2011, la France comptait 1,475 million de foyers éligibles au FTTH, pour 200 000 foyers abonnés, soit un taux de pénétration de seulement 13,5 %. Et selon des données de l’Idate, Free ne comptait en juin dernier que 28 000 abonnés pour 450 000 foyers raccordés, soit un taux d’abonnement misérable de 6,22 %...

À ce constat particulièrement médiocre, rajoutez les problèmes de conventions avec de nombreux immeubles que connaît Free depuis 2010, et les investissements importants qu’il doit absolument réaliser dans le secteur mobile. Résultat, Free tente désormais d’optimiser au mieux ses investissements en se concentrant sur les abonnés plus que sur les immeubles.

Orange, leader incontesté du FTTH

Cette stratégie ne semble cependant pas être celle de SFR et surtout d’Orange. Ainsi, selon notre confrère, Free a revu à la baisse le nombre de logements ayant signé un accord, passant de 592 000 en septembre dernier à 265 000 désormais. A contrario, Orange est passé de 897 000 à 1,1 million de logements, et SFR de 361 000 à 450 000. Au final, Orange et SFR représentent désormais la quasi totalité des déploiements de nouveaux immeubles.

Nombre d'abonnés : les chimères de Free

Cette nouvelle tactique, si elle a de grandes chances d’être payante pour Free financièrement à court terme, le sera-t-elle en termes d’abonnés ? Rappelons-nous en effet qu’en mai dernier, Free a annoncé qu’il comptait atteindre 100 000 abonnés fin 2011, total qui n’a pas été atteint, bien loin de là. Pire encore, en 2010, Maxime Lombardini a annoncé lors d'un colloque organisé par l'Arcep que « fin 2012 ou début 2013, nous aurons donc 700 000 à 800 000 abonnés à la fibre optique jusqu'à leur domicile (FTTH), c'est à dire bénéficiant de 100 mégabits par seconde ou plus ».

À ce jour, il est probable qu’un tel total de 700 000 à 800 000 abonnés FTTH pour fin 2012 ou début 2013 ne soit même pas atteint par l’intégralité des FAI français. Free a donc toutes les chances de manquer à sa parole. Ce fiasco sera peut-être compensé par un succès dans le secteur mobile, tout du moins si l’opérateur arrive à résoudre ses problèmes actuels.
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 05/04/2012 à 00:00

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