Au Royaume-Uni, Big Brother will be watching you... en temps réel

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Outre-Manche, un projet de loi gouvernemental suscite inquiétude et protestations parmi les organismes luttant pour la protection des droits et libertés fondamentales. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, le gouvernement Cameron envisage d’autoriser la surveillance des courriers, mais également des échanges sur les réseaux sociaux et les appels téléphoniques. Cet œil étatique concernera très exactement l’environnement du message : savoir qui a parlé, à qui et quand. La collecte contiendra aussi les numéros de téléphone, les adresses email, la durée des appels, ou la date des échanges. Mais pas le contenu des échanges, encore protégé par le respect de la vie privée, et dont la surveillance exige un mandat spécial.

GCHQ surveillance UK royaume uni

Le ministre James Brokenshire a assuré, sur le compte Twitter du ministère de l’Intérieur, qu’il ne s’agit pas de lancer une sorte de Big Brother géant gouvernemental, mais de lutter contre le crime et s’assurer que la police est en capacité de remplir son rôle. Selon les éléments du Sunday Times, le Government Communications Headquarters aura la capacité de glaner ces données aussi bien à la demande qu’en temps réel, sans mandat. Les intermédiaires techniques (opérateurs et FAI) auront ainsi l’obligation de conserver ces informations, tout comme les acteurs du net (SkypeFacebook, Twitter, les forums, etc.) afin de les transmettre sur simple demande.

Le texte des tories et des libéraux démocrates devrait être présenté lors du discours de la reine le mois prochain. En attendant, du côté de bigbrotherwatch.org.uk, on fustige ce dispositif. « Le gouvernement n'a fourni aucune justification pour cette intrusion sans précédent dans notre vie privée ( …) Il est loin d'être évident que ces dispositions amélioreront la sécurité publique, alors qu’elles vont faire peser sur les acteurs du net des coûts importants. »

Du côté des acteurs du net justement, l’ISPA (Internet Service Provider's Association) a jugé dans les colonnes du Sunday Times – qui a révélé ce texte – un projet coûteux, intrusif, hasardeux et cauchemardesque à mettre en œuvre.

Le Guardian indique qu’avec ce texte, le Royaume-Uni pourrait maintenant rejoindre les pays sous surveillance parmi la liste des ennemis d’Internet dressée par Reporters sans Frontières. Nos confrères citent deux pays déjà mis à l’index : l’Australie et la France.
Publiée le 03/04/2012 à 09:07
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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