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Édito : la technologie ne doit pas nous asservir

Il sera une fois

Depuis plusieurs années, notre dépendance à l’électricité est devenue quasi totale. Une simple coupure de courant pendant quelques minutes, et notre monde est chamboulé. À cette forme d’assujettissement s’est rajoutée l’arrivée d’appareils et d’outils quotidiens devenus indispensables pour certains, comme Internet ou encore le smartphone. Et bien d’autres technologies esclavagistes sont actuellement développées, nous enfonçant un peu plus loin encore dans un asservissement mi-accepté mi-subit. Mais cela ne va-t-il pas trop loin ? N’atteindrait-on pas les limites du déraisonnable ?

Nokia brevet
Nokia veut être au plus près de vous.

Une dépendance toujours plus grande

Aujourd’hui, Google (et d’autres) souhaite que votre voiture vous conduise toute seule au lieu souhaité. Nokia, pour sa part, serait bien tenté de vous faire tatouer afin de communiquer avec votre téléphone. Certaines sociétés voire des États pourraient même pousser leurs clients/citoyens à implanter sous leur peau une puce RFID, que ce soit pour des questions pratiques pour les premiers ou de sécurité pour les seconds. Et bien d’autres exemples pourraient être cités.

La philosophie globale, qui n’est pas nouvelle, reste une volonté de tendre vers plus de confort, de rapidité d’exécution, de simplicité, d’une multiplication des usages, voire, plus d’assistanat. Le smartphone en est actuellement le meilleur représentant : toujours plus léger, plus puissant, plus rapide, plus « polytâches » (multi-usages), et plus facile d'utilisation.

Au fur et à mesure que ces produits s’améliorent, nous en devenons logiquement plus tributaires. Il est bien sûr possible de ne pas utiliser d’électricité, ni de regarder la télévision, de jouer aux jeux vidéo, d’utiliser internet et de téléphoner, mais aujourd’hui, réaliser pareil renoncement donne l’impression d’une régression plus qu’autre chose.

À quelques exceptions près, nous tendons par conséquent tous à renforcer, chaque jour un peu plus, nos chaînes reliées à nos boulets technologiques. Cette soumission n’est cependant pas un problème si elle reste consciente. Avoir le recul nécessaire sur cette subordination peut permettre ainsi de réfléchir à une maximisation des outils, et à des moyens de réduire cette dépendance. Cela peut aussi et surtout servir à imaginer des alternatives non technologiques crédibles, capables de contenter notre soif d’information, de « tout tout de suite » et de procrastination caractérisée.

En somme, face à notre fuite en avant vers toujours plus de technologie, peut-être pourrions-nous remettre en cause notre paradigme actuel, celui où la technologie peut avoir réponse à tout, de l’éducation à la lutte contre le terrorisme, en passant par la communication, la santé et bien d’autres thématiques.

Rajoutons à tout ceci l’importance de la différenciation entre la technologie qui permet l’aide au travail, à l’épanouissement personnel, ou tout simplement au divertissement, et la technologie qui attise l’assistanat, la régression intellectuelle comme physique, et par corollaire, une dépendance qui dépasse le cadre du technique et du pratique.

Une auto-soumission dangereuse

Aujourd’hui, ne plus savoir bien écrire au stylo à force de taper au clavier n’est pas dramatique en soi même si très regrettable, tout comme ne plus connaître la façon de plier convenablement un journal papier classique, ne plus savoir comment utiliser une carte routière ou encore se rappeler des numéros de téléphone de nos proches. La technologie, pour des questions de facilité principalement, pourrait cependant avoir des effets pervers, invisibles et indolores de prime abord.

Demain, certains ne sauront peut-être plus conduire par eux-mêmes (pour réduire le nombre d’accidents). Peut-être ne choisiront-ils plus leur nourriture, mais seront fortement « conseillés » par une technologie (pour améliorer leur santé). Peut-être qu’il ne marcheront plus par eux-mêmes, même pour se rendre du foyer à la voiture ou au transport en commun (parce que c’est moins fatiguant). Peut-être devront-ils obligatoirement utiliser leur puce RFID sous-cutanée pour n’importe quelle action, même passer une simple porte (pour leur sécurité).

La technologie doit être au service de l’Homme, saurons nous dire stop lorsqu'elle tendra à devenir son maître ?
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 31/03/2012 à 14:00

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