Free Mobile forcerait la concurrence à supprimer 5 à 10 000 emplois

Ou à ne pas renouveler 270
Quel sera l’impact du succès de Free Mobile sur le marché de l’emploi dans le secteur des télécommunications ? Donner une réponse précise à cette question reste encore difficile. Néanmoins, selon le président de l’ARCEP, qui s’appuie sur des analystes, l’impact du nouvel opérateur pourrait être de 5000 à 10 000 emplois en moins. Plusieurs nuances doivent cependant être apportées à ces chiffres.

Free recrute

Les recrutements stoppés nets ?

Outre que ces 5 à 10 000 emplois ne sont que des prévisions, ce qui signifie que l’on peut tout aussi bien être au-dessus qu’en-dessous, il faut surtout comprendre qu’ils ne prennent pas en compte les recrutements de Free. Or ce dernier devrait générer dans les années à venir entre 3000 et 5000 emplois, dont 1000 dès cette année.

Autre donnée à prendre en compte, selon Jean-Ludovic Silicani, le président de l’ARCEP, ces 5 à 10 000 emplois ne seront pas forcément des suppressions directes de postes, mais des non-renouvèlements. En effet, plusieurs milliers d’employés du secteur télécom partent à la retraite cette année. De quoi en deux ou trois ans atteindre ces 5 à 10 000 emplois perdus.

Les économies de SFR et Bouygues Télécom

En somme, Free Mobile aurait surtout gelé les recrutements de ses concurrents. Une nouvelle peu étonnante quand on se rappelle des derniers propos de SFR et Bouygues Télécom lors de la publication de leurs derniers résultats. SFR avait ainsi affirmé que l’année 2012 serait difficile du fait des « conditions excessivement favorables accordées au nouvel opérateur mobile par le régulateur, l’État et l’opérateur historique » ce qui amène « SFR à réexaminer très attentivement tant ses offres commerciales que ses coûts ». En avançant l’idée de réexaminer ses coûts, il est plus que sous-entendu que la firme au carré rouge compte serrer la ceinture de ses employés.

Bouygues Télécom
avait tenu des propos similaires : « dans ce contexte, un plan d’économies de coûts devra être mis en œuvre en 2012 » se contentait d’affirmer le Groupe Bouygues, ciblant ici sa division mobile. Là encore, les propos sont imprécis, mais les doutes sont peu permis quant aux conséquences sur les recrutements.

Jusqu'à 30 000 emplois de perdus selon Martin Bouygues

Enfin, notons qu’en décembre 2008, alors que Free ne disposait pas encore de sa licence 3G, Martin Bouygues affirmait qu’un nouvel entrant engendrerait entre 10 000 et 30 000 emplois en moins chez les opérateurs, soit près d’un quart du secteur pour la fourchette haute. On remarquera toutefois que Bouygues Télécom ne compte que 10 000 employés.
Publiée le 24/03/2012 à 00:00 - Source : AFP
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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