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L'étude de Google sur l'impact du numérique sur l'emploi "surestimée" ?

Chiffres contre chiffres, sources contre sources

Lors de sa dernière réaction aux futurs taxes et impôts imaginés par Nicolas Sarkozy, Google a basé une bonne partie de son argumentation sur une étude de McKinsey réalisée l’an dernier sur l’impact positif de l’économie numérique sur l’emploi en France. Le MUNCI, association spécialisée dans l’emploi du secteur informatique, rappelle cependant que cette étude « a très largement surestimé » cet impact sur l’emploi. « Le chiffre réel des créations d’emplois est… trois fois plus faible ! » s’exclame notamment l’association.

Impact emploi internet numerique france McKinsey

450 000 emplois supplémentaires d'ici 2015 ?

Commandée par Google France en 2011, cette étude montre notamment qu’Internet « a contribué à hauteur de 3,2 % (60 milliards d'euros) au PIB de la France en 2009 et pourrait atteindre 5,5 % du PIB en 2015 et permettre la création de 450 000 emplois d'ici là ».

Elle expliquait de surcroît qu’Internet a représenté 20 % de la croissance française entre 2004 et 2009, que son impact sur le marché du travail est évalué à 1,15 million d’emplois et que depuis 1995, 700 000 emplois ont été créés grâce à Internet.

Exploitée par Google, mais aussi par le gouvernement, le Conseil National Numérique et d’autres associations, cette étude est donc vivement contestée par le MUNCI. Très critique à son égard en avril 2011 peu après sa publication, l’association est revenue il y a quelques jours plus en détail sur cette étude, du fait de sa reprise systématique par différents organes.

En se basant sur les données officielles du Pôle Emploi, tout en étoffant son analyse avec les données de l’Insee et celles de la FEVAD (spécialisée dans l’e-commerce), le bilan du MUNCI est fort différent de celui de McKinsey.

2 à 3 fois moins d'emplois créés

Entre 1995 et 2009 tout d’abord, le MUNCI parvient ainsi à une fourchette située entre 223 000 emplois créés dans le pire des cas, et 311 000 emplois dans le meilleur des scénarios. Des données très loin des 700 000 emplois avancés par l’étude commandée par Google.

« En ce qui concerne les effectifs globaux de la filière numérique, on les estime environ à 800 000 actifs : 750 000 salariés + 35 000 en freelance » précise le MUNCI. Là encore, on ne retrouve par le nombre de 1,15 million d'emplois liés à Internet avancé par McKinsey.

Une mauvaise méthode a été utilisée selon l'association

Le MUNCI explique ces différences de la façon suivante : « Pourquoi une telle sur-estimation ? Principalement parce que McKinsey a utilisé la méthode - classique, mais souvent inefficace - des cabinets d’analystes consistant à transformer artificiellement en emplois des volumes de CA et des points de PIB. Cette méthode n’est pas fiable, car c’est oublier que, selon les secteurs, la croissance se fait aussi… sans emplois. »

Au final, l’association fait remarquer qu’il est « totalement anormal » que le gouvernement se fie à cette étude, privée qui plus est, « plutôt qu’aux statistiques officielles de nos institutions publiques ».
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 20/03/2012 à 21:32

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