Pour Orange, la qualité de Free Mobile « n'est pas encore au rendez-vous »

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Alors qu’Iliad publiera cette semaine ses résultats financiers et probablement le nombre d’abonnés à Free Mobile, le patron d’Orange est revenu sur les dernières polémiques liées à son partenaire. Stéphane Richard, interrogé par notre confrère Les Échos, a notamment pointé du doigt la qualité de service de Free Mobile. Il s’est, de plus, étonné de tout le tumulte autour de son contrat d’itinérance avec le quatrième opérateur.

Stéphane Richard Orange France Télécom
Stéphane Richard, lors de son audition à l'Assemblée nationale devant la Commission des affaires économiques.

Entre polémiques "inutiles" et "étonnantes"

Jugeant « inutile » la polémique au sujet du fait qu’Orange ait signé un accord d’itinérance 3G avec Free Mobile alors que rien ne l’y obligeait, Richard a tenu à rappeler que les conditions économiques de l'itinérance ne sont pas la cause de l’attractivité des offres de Free Mobile.

Orange s’attend d’ailleurs à recevoir « des recettes significativement plus élevées que le milliard d'euros originel », preuve à la fois du succès de Free Mobile et des négociations réadaptées constamment entre les deux sociétés.

Toujours concernant son contrat d’itinérance qui le lie au nouvel entrant, Richard s’est « étonné » que l’on demande spécifiquement plus de transparence pour un tel contrat privé. En effet, tous les autres contrats similaires ne sont en rien public et l’ARCEP connaît « parfaitement le contenu » de son contrat avec Free. Commencer à demander de la transparence sur son contrat n’est donc « pas sérieux » aux yeux du patron d’Orange.

La qualité de service doit être prise en compte par le régulateur

Stéphane Richard s’est par contre attaqué à l’ARCEP et à Free Mobile au sujet de la qualité de service. « Je m'étonne en particulier qu'il (le régulateur, ndlr) distingue aujourd'hui le respect des obligations de déploiement de la question de la qualité de service, alors que, dans son bilan à fin 2009 de la couverture 3G en France, il précise que « la définition même de la notion de couverture ne peut pas être dissociée de la qualité attendue pour le service considéré ». »

Jean-Ludovic Silicani, le président de l’ARCEP, lors de son audition devant la Commission des affaires économiques, a en effet explicitement différencié la couverture mobile d’un opérateur de sa qualité de service.

« La quantité du trafic des abonnés de Free qui passe sur le réseau d’Orange relève non pas d’une question règlementaire mais de l’application ou de la non application, du respect ou du non respect, d’un contrat de droit privé établit entre France Télécom et Free, dans des conditions qui leur appartiennent » expliquait ainsi Silicani la semaine passée.

Mais Stéphane Richard n’est pas de cet avis. Selon lui, la qualité de service doit être prise en compte par l’ARCEP, d’autant plus que celle de Free Mobile connaît diverses difficultés en ce moment. « Manifestement, et les dernières heures l'ont démontré une nouvelle fois, cette qualité n'est pas encore au rendez-vous » a ainsi rappelé le PDG d’Orange, lançant ainsi une pique envers son partenaire et concurrent.

"A chaque jour suffit sa peine"

Enfin, Richard n’a pas hésité à annoncer que les tarifs avant Free Mobile étaient déjà parmi les plus bas d’Europe, s’appuyant sur une étude qui ne portait en fait que sur une poignée de pays (tous les détails). Au sujet de la 4G, le patron d’Orange n’a pas exclu de s’allier aux autres opérateurs. Quant à une itinérance avec Free Mobile, « à chaque jour suffit sa peine ».
Publiée le 05/03/2012 à 15:16
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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