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Barbelivien sur Hadopi : « une loi sans répression, ce n'est pas une loi »

Comme un chanteur ou un candidat sans voix

Le chanteur Gilbert Montagné avait eu ces mots en 2008 à propos de la chute des ventes : « au sujet de la crise d'Internet, c'est l'industrie musicale qui a été aveugle, car ils n'y ont pas cru au départ. On ne peut pas se plaindre d'un incendie quand on a donné des allumettes à l'incendiaire. »

disque vinyl

Didier Barbelivien, interviewé hier par Corse Matin, a lui redit tout son soutien au candidat Nicolas Sarkozy, tout en émettant de sérieuses réserves sur Hadopi. Non que cette loi a été un gouffre financier, ou qu’elle industrialise la menace à l’échelle d’un pays sur l’autel de l’art. Non, pour le chanteur de « Vive le Roy », le problème est qu’« une loi sans répression, ce n'est pas une loi ».

La solution serait donc de monter d’un cran de plus sur la partie répressive, et surtout pas la licence globale. Selon l’auteur-compositeur-interprète « Hadopi est un raté mais une licence globale serait encore pire. S'acquitter d'un forfait pour consommer sans limite ? Débile ! C'est un peu comme s'il suffisait de déposer 50 euros dans une corbeille pour avoir droit à du pain toute l'année, partout en France, à toute heure du jour et de la nuit ». Belle survie de l’allégorie de la baguette, surexploitée durant les débats Hadopi.

Le mal est en tout cas fait selon le chanteur à succès : « c'est l'un des dangers de nos démocraties que de n'avoir pas préservé les œuvres de l'esprit, quelles qu'elles soient. Ce qui se passe aujourd'hui pour la chanson s'étendra demain au cinéma, puis à la littérature et ainsi de suite. »

Barbelivien assure avoir « perdu, en huit ans, 70 % de mes revenus. Ils étaient très élevés, c'est donc supportable. Mais à terme, c'est toute la production phonographique qui est appelée à disparaître. Je fais partie des dinosaures, comme Cabrel ou Souchon. Mais il existe peut-être un petit Cabrel caché à Nice que l'on n'entendra jamais parce qu'il n'y aura personne pour le produire. Regardez Inna Modja : voilà une fille qui aurait été numéro un des ventes si son tube, French cancan, n'avait pas été piraté à tout va ».

Sur internet, en attendant la mort annoncée de la production, l’acidité des tweets a été à la mesure de cette chute des revenus de 70%.
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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Publiée le 20/02/2012 à 11:03

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