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Techdays 2012 : le PC n'est pas mort, mais ses objectifs évoluent

La lente maturation et remise en question des usages

Les Techdays ne sont pas toujours l’occasion d’aborder les mêmes thèmes. Ainsi, Microsoft avait organisé une table ronde autour d’un sujet particulier : le renouveau du PC. La firme souhaitait faire un tour d’horizon dans une époque où l’on parle beaucoup de la place de plus en plus importante des tablettes et de la disparition prochaine des ordinateurs classiques.

techdays ultrabook 

Étaient présents à cette réunion plusieurs intervenants : Olivier Ribert, directeur de la division Windows chez Microsoft France, Karim Manar, directeur marketing chez Dell France, Laurent Donzel de Gfk et Julien Laval d’Intel France. Chacun venait donner sa vision du marché PC aujourd’hui, ses évolutions et comment l’année 2012 allait transformer le paysage des offres.

2011, une « drôle d’année »

Laurent Donzel ouvre les hostilités avec un bilan de l’année 2011 qui se découpe très nettement en deux périodes marquantes : un début d’année morose, conséquence d’une très bonne année 2010, et un dernier trimestre assez bon qui a vu un nouveau souffle, notamment sur les ordinateurs portables. L’analyste a ajouté qu’une surprise attendait les observateurs puisqu’une enquête avait alors révélé que le prix n’était pas le ressort principal des achats : il s’agissait des fonctionnalités. D’après une autre enquête réalisée sur 1000 français, le portable ressortait d’ailleurs comme la seconde intention d’achat, après la TV, dans le secteur technologique.

Pour Olivier Ribet, il s’agit également d’une conséquence d’une plus grande réflexion chez les constructeurs, qui ont segmenté leurs offres. Les produits ont évolué d’offres classiques vers une logique de scénarios. Selon le responsable, deux domaines en particulier ont constaté une nette augmentation des ventes : les machines dédiées aux joueurs (donc plutôt haut de gamme) et les tout-en-un.

La consumérisation des technologies et ses conséquences

Karim Manar souligne lui de son côté la consumérisation des technologies de l’information. Les utilisateurs ont en effet des connaissances plus grandes désormais, et 48 % d’entre eux estiment aujourd’hui avoir leur mot à dire dans les choix technologiques de l’entreprise. Ces mêmes utilisateurs ont également des avis. Selon Julien Laval, 69 % d’entre eux pensent que l’interopérabilité, sous une forme ou une autre, est maintenant un critère essentiel. Pour Intel, c’est un argument de plus pour créer du matériel capable de répondre à tous types de besoins.

Le point le plus intéressant dans l’évolution des usages est pointé par Olivier Ribet. Il est clair selon lui que les changements dans le matériel doivent s’accompagner d’un nouveau paradigme dans le logiciel. Ce dernier existe déjà en fait, et est largement accéléré par le cloud. Il rappelle en effet que pendant longtemps, les quatre briques matériel, OS, applications et données étaient indissociables. Ce constat n’est plus vrai aujourd’hui : chaque brique est indépendante, et ce sont les données qui ont entrainé la rupture. Conséquence : le cloud, et donc l’objectif de rendre les données accessibles partout, accélère la modularité des éléments de base. Peu importe finalement le terminal, l’OS ou l’application, on doit pouvoir exploiter ses données partout, sans en perdre l’intégrité.

Julien Laval rappelle que toute cette évolution a des conséquences dans plusieurs domaines. Dans le cas des processeurs, et donc l’activité principale d’Intel, le rapport à la puissance a changé. Si la rapidité d’exécution reste un critère important, elle n’est en effet plus la seule, le ratio performances/watt étant devenu un élément primordial. Les fonctionnalités associées, comme la virtualisation ou la sécurité, sont autant d’arguments aujourd’hui.

Tous ces éléments trouvent une illustration dans l’Ultrabook. Olivier Ribet n’a pas pu s’empêcher d'introduire une comparaison avec les voitures, ici l’évolution des schémas industriels des constructeurs. Plus précisément, il s’agit de définir un châssis de base sur lequel certains composants se chargeront d’assurer la personnalisation. L’Ultrabook est bâti de cette manière, à savoir un regroupement de spécifications à respecter, à la manière de ce que fait Microsoft avec les Windows Phones.

Une maturation qui a réellement pris du (son ?) temps

Ce qui nous a finalement amenés à une question : pourquoi cette évolution a-t-elle pris tant de temps ? Par « provocation », nous avons volontairement fait un parallèle avec les Mac. Si l’on cherche en effet une machine légère, dotée d’une puissance correcte (Core i5, SSD), d’une très bonne autonomie et d’une définition d’écran supérieure à la normale (1440 sur 13 pouces), le MacBook Air répond à la demande pour un prix de 1250 euros. Quand on cherche un équivalent côté PC, on tombe directement dans le haut de gamme avec des tarifs largement supérieurs la plupart du temps.

Les intervenants ont globalement insisté sur un point très particulier : la maturation nécessaire. Julien Laval d’Intel nous a par exemple parlé des processeurs CULV (très basse consommation) et de leurs progrès obligatoires pour arriver à des machines comme les MBA justement, ou une partie des Ultrabooks. Les efforts sur les différents critères demandent des efforts concertés qui prennent du temps.

Karim Manar de Dell nous répond pour sa part que la réflexion sur l’usage suppose un redéveloppement des approches du public et des données qu’il a fallu collecter. En outre, il nous a présenté le XPS 13, doté entre autres d’une dalle 13 pouces montée sur un châssis 12 pouces. Cette machine est une réponse directe aux nouveaux usages, d’autant que son prix est prévu sous la barrière des 1000 dollars.

La cohabitation des tablettes et des PC

D’autres questions ont suivi. Par exemple, sur l’impact de l’iPad dans le monde de l’entreprise. En France, et selon l’analyste Gfk, très peu de ventes ont finalement été réalisées. Il existe une séparation assez claire dans les tablettes entre celles qui sont axées sur la consultation et les autres qui permettent l’entrée des informations. Globalement, les tablettes qui se vendent le mieux sont des modèles classiques de plus de 9 pouces, mais l’évolution du marché n’est pas nécessairement aussi simple que les annonces de mort du PC.

Dell a par exemple constaté que la tablette hybride Latitude ST avait reçu un très bon accueil en entreprise. Cette hybridation est soulignée par Julien Laval qui rappelle que des produits mi-portables mi-tablettes ont été vus au CES de Las Vegas et que ces produits représentent finalement la vision de nombreux acteurs : une cohabitation des mondes PC et tablettes, avec une hybridation pour répondre à des besoins conjugués.

Pour les personnes présentes, il semble clair qu’aucune solution unique n’est capable de répondre à la totalité des demandes. Voilà pourquoi ils restent confiants dans l’évolution du PC, quand bien même l’arrivée de Windows 8 et ses conséquences n’a pas été abordée. D’ailleurs, Microsoft ne semble pas encore très enclin à en donner des détails. 
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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Publiée le 08/02/2012 à 13:13

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