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MMM demande à ce que dans la rue, les Anonymous ne le soient plus

Le masque et la prune

L’anonymat inquiète, l’anonyme agace, l’anonymat énerve. La députée Murielle Marland Militello, à quelques jours du carnaval, veut faire tomber les masques. Dans son style pur jus, la députée UMP, fidèle parmi les fidèles à Nicolas Sarkozy, considère que les récentes manifestations d’ « Anonymous » en France sont en pleine contradiction avec la loi du 11 octobre 2010.

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Loi du 11 octobre 2010 ? C’est le texte « anti burqa » qui interdit la dissimulation du visage dans les espaces publics.

« La République se vit à visage découvert. C’est la raison pour laquelle la représentation nationale a réaffirmé solennellement par cette loi votée en 2010, sous l’impulsion de notre Président de la République Nicolas Sarkozy, les valeurs de la République et les exigences du vivre ensemble » estime la députée qui rappelle que la dissimulation du visage est punie jusqu’à 159 euros d’amende. Et pour les forts en gueule, elle rappelle qu’« un stage de citoyenneté peut également être prononcé par la justice notamment pour rappeler aux personnes concernées les valeurs républicaines qui sont le socle de notre société ».

La loi permet des exceptions à l’interdiction générale. Par exemple quand la tenue est prescrite par les règlements, par des raisons de santé ou des motifs professionnels (pompier, ou si elle s'inscrit dans le cadre de pratiques sportives, de fêtes ou de manifestations artistiques ou traditionnelles. La manif' des Anonymous n’entrerait ainsi dans aucune de ces catégories.

En clair, dans la rue, on peut être anonymous, mais sans masque, donc sans anonymat.

Anonymous et identité sécurisée

Certains feront un pont avec la proposition de loi sur la carte d’identité sécurisée voulue par Claude Guéant. Ce texte met actuellement en route le fichage biométrique de 45 millions de Français. Il permettra ainsi de muscler la surveillance dans notre pays. Par la technique dite du lien fort, les autorités auront en effet techniquement la possibilité d’exploiter la base centralisée à l’aide des seules données biométriques d’inconnus. Le texte l’interdit pour l'heure, mais un simple patch législatif ouvrira donc la possibilité d’identifier les personnes à l’aide d’une caméra pointée sur leur visage.
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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Publiée le 03/02/2012 à 15:49

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