Chômage en informatique : bilan 2011 et prévisions pessimistes pour 2012

Ça va pas tirer les salaires vers le haut... 156
L’association MUNCI, spécialisée dans l’emploi dans les secteurs de l’informatique, du web et des télécoms, est revenue aujourd’hui sur l’année 2011. Et si, à l’instar de 2010, cette année a vu son nombre de chômeurs diminuer, les prévisions pour 2012 sont particulièrement pessimistes.

pole emploi
En 2012, le secteur de l'informatique pourrait particulièrement souffrir...

Une belle année 2011 par rapport aux autres secteurs

D’après le MUNCI, le Mouvement pour une Union Nationale et Collégiale des Informaticiens, le taux de chômage dans l’informatique a atteint 4,9 % en catégorie A (qui n’ont pas travaillé), soit 25 900 personnes, et 6 % en intégrant les catégories B et C (qui ont travaillé partiellement), soit 32 200 personnes.

Ces taux sont bien meilleurs que ceux de 2009, où le chômage avait atteint 6,5 % de la profession avec 28 100 demandeurs en catégorie A et 33 700 en catégories A, B et C. Cela reste néanmoins bien inférieur à certains trimestres de 2008, où le taux de chômage était descendu à 3,5 %.

Le secteur de l’informatique reste quoi qu’il en soit bien moins sujet au chômage que la plupart des autres secteurs en France. Le secteur a même affiché en 2011 une légère baisse d’1,2 % en catégorie A et 1,5 % en catégories A, B, et C, « à comparer avec la hausse de +5,6% du chômage en France sur l’ensemble du marché du travail » a tenu à préciser le MUNCI.

Entre 10 et 30 % de hausse du chômage en 2012...

Néanmoins, après deux années de baisses en 2010 et 2011, le chômage en informatique a toutes les chances d’augmenter de plusieurs dizaines de pourcents. « Malgré une assez bonne résistance depuis quelques mois, le MUNCI s’attend toujours à une hausse de 10 à 30% du chômage des informaticiens en 2012. L’emploi informatique demeure fortement cyclique compte-tenu de la part croissante que prennent les services informatiques, lesquels jouent principalement le rôle de variables d’ajustement des grandes entreprises à la conjoncture, et ce malgré la hausse des prestations récurrentes (infogérance…). »

Or tous les indicateurs prévoient une hausse générale du chômage en France en 2012. Le secteur informatique ne sera donc pas épargné, et les niveaux de 2009 seront certainement dépassés. Le MUNCI rappelle d’ailleurs que lors de la dernière crise importante du secteur, soit entre 2002 et 2003, « le chômage des informaticiens avait triplé en France ». Entre 2008 et 2009, ce même chômage avait quasi doublé.

Les ingénieurs globalement mieux lôtis

Rappelons que selon les données du gouvernement pour le troisième trimestre 2011, le secteur de l’emploi en informatique est divisé comme suit :
  • Ingénieurs : 325 000
  • Techniciens : 172 000
  • Employés et opérateurs : 37 000
  • Total : 533 000 emplois (nombre arrondi)
Les ingénieurs sont les moins touchés par le chômage, a contrario des techniciens et des employés. L’année 2012 sera donc à suivre de près, même si le MUNCI souhaite honnêtement se tromper sur ses prévisions pessimistes…
Publiée le 30/01/2012 à 15:58
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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