ACTA : la Slovénie et l'Autriche pourraient suspendre sa ratification (MàJ)

ACTA, SOPA, PIPA sont dans un bâteau 302
Mise à jour : après la Pologne (voir ci-dessous), la Bulgarie, les Pays-Bas, l'Allemagne, la République Tchèque, la Slovaquie, et la Lettonie, deux autres pays européens pourraient bien tourner le dos au traité ACTA. Selon cette dépêche AFP, le nouveau gouvernement slovène de centre-droit a en effet annoncé hier qu'il envisageait de suspendre la ratification du traité ACTA. Quant à l'Autriche, son ministre de l'intérieur a récemment été prise en photo avec un panneau qui n'implique aucun commentaire.

Autriche Stop ACTA

Ces récentes nouvelles arrivent alors que Joseph Daul, le président du groupe du parti populaire européen (PPE), a récemment affirmé « ACTA, c’est fini », avant de tempérer officiellement ses propos via un communiqué. De quoi faire couler beaucoup d'encre...



Mise à jour du 3 février 2012 : les manifestations à Varsovie ont finalement pesé dans la balance. Le premier ministre Donald Franciszek Tusk a annoncé qu'il suspendait la ratification du traité ACTA. Il souhaite en effet être certain "à 100 %" que ce traité soit "sûr pour les citoyens".

Cela ne signifie donc pas qu'ACTA est totalement enterré en Pologne, et encore moins en Europe. Néanmoins, il s'agit du premier véritable faux pas parmi les pays normalement signataires. D'autres pays, comme la Chine, l'Inde ou encore le Brésil, ont déjà fait connaître leur opposition au traité.



Article du 26 janvier 2012.

Tandis que SOPA et PIPA ont été repoussés aux États-Unis, le traité ACTA, lui, vient d’être signé à Tokyo par 22 pays du Conseil  européen, dont la France. Il ne s’agit cependant pas de l’étape finale. Ce traité international anticontrefaçon doit passer par le parlement européen, certainement ce printemps ou cet été.

Vidéo anti-ACTA publiée il y a plusieurs mois sous-titrée en plusieurs langues.

« Ces derniers jours, on assiste à des manifestations très encourageantes de la part de citoyens polonais ou du reste de l'Europe, qui s'inquiètent des conséquences d'ACTA sur la liberté d'expression, l'accès aux médicaments, ainsi que le partage de la culture et de la connaissance » a déclaré Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.

Des manifestations à Varsovie

Effectivement, en Pologne, les manifestations anti-ACTA se multiplient. Plus de 10 000 personnes ont ainsi bravé le froid dans les rues afin de manifester contre leur gouvernement, qui fait parti des signataires d’ACTA, ceci sans avoir débattu sur le sujet avec sa population.

Et sans surprise, la lutte contre ACTA au pays de Varsovie est aussi présente sur la toile. De nombreux sites polonais ont ainsi été attaqués ces derniers jours, la signature de la Pologne étant connue depuis une semaine.

"L'influence néfaste d'intérêts industriels sur la politique globale"

Les Français et les autres citoyens européens suivront-ils les Polonais ? Si sur Internet, plusieurs sites français ont déjà fait l’objet d’attaques (Hadopi.fr, Elysee.fr, etc.), notamment depuis l’affaire MegaUpload, dans les rues, la chanson devrait être différente.

Jérémie Zimmermann note cependant que le mouvement polonais « va prendre de l'ampleur. Les citoyens européens doivent reconquérir la démocratie face à l'influence néfaste d'intérêts industriels sur la politique globale. Lors de chacun des débats et des votes sur ACTA au sein des commissions du Parlement européen, les citoyens doivent alerter leurs élus. »

Rappelons qu’ACTA s’attaque à la contrefaçon en dehors et sur le Net, et devrait accroître la surveillance sur Internet dans le but de protéger les droits de propriété intellectuelle. L’opacité entourant tout ce qui touche au traité depuis plusieurs années ne fait que rajouter une certaine défiance à son sujet, que ce soit du côté des citoyens ou même des députés.
Publiée le 17/02/2012 à 18:31
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

Soutenez nos journalistes

Le travail et l'indépendance de la rédaction dépendent avant tout du soutien de nos lecteurs.

Abonnez-vous
À partir de 0,99 €

Publicité