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MegaUpload et MegaVideo fermés de force par la justice américaine (MàJ)

MegaJustice et MegaPolice en action

La nouvelle ébranle des millions d’internautes du monde entier. Après le blackout anti SOPA et PIPA réalisé par de nombreux sites internet hier, et notamment Wikipédia, la justice américaine vient de frapper un grand coup en mettant à terre les sites du groupe Mega. MegaUpload et MegaVideo sont aujourd’hui indisponibles dans le monde entier. Vont-ils ressusciter dans quelques jours sur des serveurs à l’étranger ? Pas forcément.

Departement of Justice

Megaupload, une "mafia"

175 millions de $. C’est la somme précisément indiquée par le département de la justice (DoJ) des États-Unis d’Amérique qui aurait été générée par les sites du groupe Mega avec leurs activités illégales, pour leur propre compte. Les termes de « crime organisé » sont directement utilisés par le DoJ, MegaUpload étant qualifié « d’organisation criminelle ».

En somme, le groupe Mega est décrit comme une mafia. Le mot mafia a d’ailleurs été utilisé il y a quelques jours par Pascal Rogard, le président de la SACD, au sujet de MegaUpload : « c'est la première fois que je me retrouve ici face à une entreprise mafieuse » avait-il ainsi affirmé au Sénat, lors d’un débat sur Internet et la rémunération des auteurs, auquel MegaUpload participait donc.

Emmanuel Gadaix, le directeur technologie du groupe Mega, nous avait alors répondu avoir trouvé cela « un peu agressif ! Surtout dans un débat public. On n’a jamais été condamné, on respecte toutes les lois en vigueur dans toutes les juridictions dans lesquelles on travaille. Pourquoi on se fait traiter d’entreprise mafieuse ? C’est tout de même un peu abusif, il me semble, surtout qu’il n’a pas expliqué pourquoi. »

Une megaupload
Et Megaupload, c'est surtout fermé.

Ces propos, qui datent de la semaine dernière, sonnent aujourd’hui différemment. Concrètement, que s’est-il passé ? Résumons les faits.

De quoi est accusé MegaUpload ?

« De piraterie en ligne massive d’œuvres protégées dans le monde entier (…) causant un demi-milliard de dollars de dommages aux ayants droit. » Comment ce calcul a-t-il été réalisé ? Mystère pour le moment. Au regard des sommes avancées, assez faibles finalement par rapport aux montants généralement dévoilés par les majors en matière de « piratage », il est possible que ce calcul se base uniquement sur une partie des contenus des sites, et non l’intégralité.

MegaUpload est de plus accusé d’avoir offert du contenu illégalement avant sa disponibilité réelle, ou encore d’avoir créé un modèle « conçu expressément pour promouvoir le téléchargement illégal ». Enfin, le groupe est accusé de n’avoir strictement rien fait pour retirer le contenu illégal de ses sites.

Pourquoi les sites MegaUpload et MegaVideo sont-ils indisponibles ?

La réponse est simple, quand bien même la société est Hongkongaise, les serveurs de ses sites sont basés dans l’État de Virginie. Couper ces derniers a donc été un jeu d’enfant pour le FBI. D’autant plus que les autorités et polices du Royaume-Uni, d’Australie, du Canada, d’Allemagne, de la Nouvelle-Zélande, des Philippines, des Pays-Bas et de Hong-Kong ont participé à l’arrestation des principaux collaborateurs de la société.

Quid du sort des principaux dirigeants ?

Le fondateur, Kim Dotcom, a donc été arrêté, ainsi que six de ses collaborateurs, tous résidents dans de nombreux pays à travers le monde, principalement en Allemagne, en Nouvelle-Zélande, et à Hong-Kong. Tous risquent jusqu’à 20 ans de prison pour « complot pour avoir commis un racket », plus 5 ans pour « complot pour avoir commis des infractions au copyright » plus encore 20 ans pour « complot pour avoir commis du blanchiment d’argent » et enfin 5 ans pour « violation de copyright ». En cas de peine maximale, la sentence peut donc être assez lourde.

Les sites peuvent-ils renaître ?

Si les principaux dirigeants et collaborateurs n’avaient pas été arrêtés, MegaUpload et MegaVideo auraient certainement été ressuscités sur des serveurs étrangers. Cela reste toujours possible, mais l’intervention de la police dans plusieurs pays du globe a certainement refroidi la plupart des membres du groupe encore en liberté.

Quid des téléchargements légaux et des abonnements ?

Aucune différence n’a été faite par cette action de justice. Tout a été éradiqué, ou tout du moins rendu hors service. Il est donc fort probable que ceux disposant d’un abonnement ne retrouveront jamais leur argent, ni leurs fichiers hébergés…

Et les concurrents directs ?

Si MegaUpload et MegaVideo ont un immense succès, ils ne sont néanmoins pas les seuls. Videobb, Fileserve, Rapidshare, etc. sont aussi très utilisés. La demande envers ces sites devrait d’ailleurs être multipliée ces prochains jours. Des ralentissements sont ainsi à prévoir.

Sont-ils en danger ?

C’est une possibilité, mais dans le passé, certains sites/logiciels de P2P ont été attaqués et fermés, sans que cela n’ait été généralisé à tous les sites/logiciels équivalents. Rien n’assure donc aujourd’hui que Videobb, Rapidshare et consorts fermeront leurs portes d’ici peu. Quant aux autres protocoles (P2P, Newsgroup), ils devraient eux aussi voir leur utilisation grimper.

MegaUpload et MegaVideo étaient-ils si importants ?

Ils font parties des sites les plus visités au monde. En France, Médiamétrie a même classé Megavideo (et Videobb) dans le top 15 des sites de vidéos les plus utilisés, avec plus de 129 millions de vidéos vues pour Megavideo, rien qu'en France et au mois d'octobre.

Cette fermeture soulève au final l’éternelle question quant à l’illégalité ou non d’un site. Pourquoi YouTube, qui propose pourtant encore aujourd’hui un très grand nombre de contenus protégés par divers droits, n’a-t-il pas été inquiété par les ayants droit et la justice ? Ou même Google qui propose via son moteur de recherche de très nombreux sites clairement illégaux. Tout ne serait qu’une question de négociation ?

Les derniers discours des dirigeants de MegaUpload allaient pourtant vers une plus grande légalité du site. Ces discours n’ont, semble-t-il, pas été suffisants…



Mise à jour : l'acte d'accusation de 72 pages nous dévoile de nombreuses informations. Tout d'abord, l'acte précise que 18 noms de domaine ont été saisis, à savoir : Megastuff.com, Megaworld.com, Megaclicks.com, Megastuff.info, Megaclicks.org, Megaworld.mobi, Megastuff.org, Megaclick.us, Mageclick.com, HDmegaporn.com, Megavkdeo.com, Megaupload.com, Megaupload.org, Megarotic.com, Megaclick.comn, Megavideo.com, Megavideoclips.com et Megaporn.com.

Megaupload

Ensuite, de nombreux véhicules ont eux aussi été saisis, dont :
  • Plus d'une dizaine de Mercedes-Benz
  • 2 Cadillac (de 1957 et 1959)
  • 1 Maserati
  • 1 Rolls-Royce
  • 1 Mini Cooper
  • 1 Lamborghini
  • 1 Harley Davidson
Comme vous pouvez le voir ci-dessus, certaines plaques d'immatriculation sont pour le moins humoristiques. Celles avec Guilty (traduction : coupable) et Mafia seront notamment appréciées par les ayants droit.

Enfin, une dizaine de télévisions de marque Samsung et Sharp principalement ont aussi été saisies. Sans compter bien sûr les comptes bancaires et Paypal des dirigeants du groupe Mega, la plupart étant basés à Hong-Kong et Shanghai.
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 20/01/2012 à 00:45

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