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Hadopi : des cinéastes dénoncent le programme de François Hollande

SACD et ARP

Une brochette de personnalités du cinéma et du théâtre ont fait publier dans le Journal Du Dimanche une lettre ouverte à François Hollande.

Derrière le clavier, on retrouve Jean-Jacques Beineix, Rémi Bezançon, Catherine Breillat, Michel Hazanavicius, Pierre Jolivet, Jan Kounen, Philippe Lioret, Brigitte Rouan, Jean-Paul Salomé, Coline Serreau, Bertrand Tavernier, Georges Werler mais également Jean-Paul Alègre, Anne Delbee, Sophie Deschamps, ou encore Louise Doutreligne. Plusieurs sont membres de la société civile des Auteurs, Réalisateurs, Producteurs (l’ARP) et la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD), également signataires.

Pascal Rogard Nicolas Seydoux Marais Hadopi

Nicolas Seydoux (Gaumont, ALPA), Pascal Rogard (SACD)
Marie Françoise Marais (Hadopi) au Sénat le 11/01/12

En substance, ce lobby du secteur dénonce d’abord la pauvreté du programme culturel du candidat François Hollande. « Il n’y a pas de fatalité à ce que nos élites politiques renoncent à défendre, contre toutes les démagogies, des mesures de soutien à la création. Cela demande des convictions, de l’imagination, parfois une forme de courage qui fait l’apanage des grands hommes d’Etat, de ceux pour qui l’identité d’un pays passe aussi par la construction d’une culture aussi commune que diverse » taclent-ils.

Pire : en plus d’être maigrelet, selon l'entourage du candidat d’Hollande, ce programme ne se concentrerait que sur l’abrogation d’Hadopi, soit une hérésie pour ces acteurs qui ont porté toujours plus haut l’étendard Hadopi : « Si cette abrogation constitue l’alpha et l’omega de votre politique culturelle, vous ferez sans doute plaisir à tous ceux qui parient sur la force électorale de la jeunesse contre la faiblesse numérique du peuple des créateurs. Mais la culture mérite mieux. La culture, dans sa conception universaliste et émancipatrice, constitue l’un des socles de la nation française et fonde l’identité de la France au regard de nombreux pays du monde. Les français sont donc en droit d’attendre du prochain président de la République française qu’il en ait pleinement conscience et qu’il exprime cette dimension avec force au cours de sa campagne et au cœur de son quinquennat ».

Et les signataires de mitrailler de questions François Hollande : « Nous attendons donc de votre part que vous dépassiez une certaine facilité électoraliste pour aborder les seules questions qui vaillent : comment réinventer la démocratisation de la culture? Comment moderniser le financement de la création à l’heure d’Internet? Comment assurer une juste rémunération des créateurs? Comment faciliter, à l’ère numérique, la diffusion et l’exportation des œuvres européennes? Comment mieux soutenir la création contemporaine francophone? Comment protéger, à l’heure des terminaux connectés sur des contenus mondiaux, le système des exclusivités permettant le financement des œuvres européennes? Comment faire évoluer les règles protégeant la culture du "matériel" dans l’univers de la culture de "l’immatériel" ? »

Des questions qui restent posées, malgré les efforts de l’actuel locataire de l’Élysée, et une lettre ouverte qui sous-entend qu’Hadopi n’est pas coûteuse, est d’une efficacité redoutable et doit être conservée par tous les candidats 2012.

Ce n’est pas la première fois que le milieu du cinéma s’inquiète du sort de la Hadopi. Mais tous ne suivent pas cette doctrine consistant à assimiler abrogation d’Hadopi et jeunisme.

Pendant les débats parlementaires justement, Victoria Abril, Chantal Akermann, le producteur Paulo Branco, Catherine Deneuve, Louis Garrel , Christophe Honoré, Chiara Mastroianni, Jeanne Balibar ou encore l’ex délégué de l’ALPA entre 1988 et 2002 Jean Sainati avait signé une autre tribune dans Libération/Ecrans.fr cette-fois.

Ils dénonçaient un texte qui « s’obstine à voir dans les utilisateurs, dans les spectateurs des enfants immatures à l’origine de tous les maux de l’industrie cinématographique », ou encore une loi « démagogique, techniquement inapplicable, bêtement ignorante des nouveaux procédés de téléchargement et purement répressive », une loi qui serait « l’ultime et vaine tentative d’éradiquer le piratage par la sanction, sans se soucier de créer une offre de téléchargement légale, abordable et ouverte sur Internet », les signataires réclamant aussi que l’on cesse « de vouloir en faire une société virtuelle de surveillance où tout un chacun se sentirait traqué ».
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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Publiée le 16/01/2012 à 09:14

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