SOPA : la désertion des entreprises informatiques

Go Daddy comme exemple silencieux 63
Le Stop Online Piracy Act, SOPA, est un projet de loi américain qui est devenu en peu de temps l’incarnation parfaite de la manière dont politique et informatique peuvent s’entremêler pour ne plus se détacher. La liste des supporters de cette loi n’affiche désormais presque plus aucun gros acteur tant les retombées en termes d’image sont désastreuses. L’exemple le plus significatif en est Go Daddy.

lettre PIPA SOPA
La lettre ouverte des entreprises anti-SOPA

Loi particulièrement ambitieuse et décriée, le SOPA permet d’intervenir sur un ensemble d’intermédiaires dès qu’il s’agit de lutter contre le piratage et les sites web qui proposent un contenu obtenu illégalement. Une responsabilisation des intermédiaires dont la France s'inspire pour ses propres projets de loi. 

Go Daddy a nettement fait les frais de son soutien au SOPA. Lorsqu’une première liste des supporters a été publiée par le comité judiciaire de la Chambre des représentants américaine, le nom du plus gros registraire outre-Atlantique n’a pas manqué d’être relevé. S’en est suivi un gigantesque appel au boycott qui s’est soldé par une véritable hémorragie : presque 30 000 noms de domaine par jour. Vendredi 23 décembre, Warren Adelman, PDG depuis peu de la société, indiquait sur le site officiel que Go Daddy ne supportait plus le SOPA.

Mais le mal est fait puisque l’image du registraire est sérieusement écornée. L’exemple illustre bien le rapport entre un projet de loi et l’activité commerciale d’une entreprise. Il reflète également la manière dont les utilisateurs eux-mêmes s’impliquent et répondent à leur manière à un processus sur lequel ils n’ont, à la base, pas de prise. Une fronde qui aura clairement fait réfléchir d’autres sociétés qui pourraient apporter leur soutien.

Car un constat s’impose, la liste révisée des supporters, visible ci-dessous, ne contient plus aucune entreprise dont l’activité est concentrée exclusivement sur Internet et/ou l’informatique. Il est cependant logique de retrouver dans la liste des supporters de très nombreux entreprises et organismes du milieu artistique, avec en première ligne la musique et le cinéma.
  • AFL-CIO
  • 1-800 Contacts, Inc.
  • 1-800-PetMeds
  • 3M Company
  • ABRO Industries, Inc.
  • Acushnet Company
  • Adidas America
  • Advanced Medical Technology Association
  • Alliance for Safe Online Pharmacies
  • Alliance of Automobile Manufacturers
  • American Association of Independent Music
  • American Federation of Musicians
  • Americans for Tax Reform
  • Association of American Publishers
  • Automotive Aftermarket Industry Association
  • Beam Global Spirits &Wine
  • Blue Sky Studios, Inc.
  • Bose Corporation
  • Broadcast Music, Inc. (BMI)
  • Burberry
  • CBS Corporation
  • Comcast
  • Concerned Women for America
  • Council of State Governments
  • Deluxe Entertainment Services Group Inc.,
  • Directors Guild of America
  • Dow Chemical
  • Electronic Components Industry Association
  • Eli Lilly and Company
  • Entertainment Software Association
  • Estee Lauder Companies
  • Ford Motor Company
  • Greeting Card Association
  • HarperCollins Publishers
  • Independent Film & Television Alliance
  • International Association of Fire Fighters
  • International Brotherhood of Electrical Workers
  • International Brotherhood of Teamsters
  • International Trademark Association
  • Johnson & Johnson
  • Kekepana International Services
  • Let Freedom Ring
  • LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton
  • Major League Baseball
  • Merck
  • Motion Picture Association of America
  • National Association of Broadcasters
  • National Association of Manufacturers
  • National Association of Theatre Owners
  • National Basketball Association
  • National Cable & Telecommunications Association
  • National Confectioners Association
  • National Criminal Justice Association
  • National District Attorneys Association
  • National Electrical Manufacturers Association
  • National Football League
  • National Music Publishers’ Association
  • National Retail Federation
  • NBC Universal
  • News Corporation
  • Nike, Inc.
  • Nintendo
  • Outdoor Industry Association
  • Pfizer
  • Pharmaceutical Research and Manufacturers of America
  • Philip Morris International
  • Recording Industry Association of America
  • Retail Industry Leaders Association
  • Screen Actors Guild
  • Small Business & Entrepreneurship Council
  • Small Business and Entrepreneurship Council
  • Society of Plastics Industry
  • Software & Information Industry Association
  • Sony Music Entertainment
  • Sony Pictures Entertainment
  • Specialty Equipment Market Association
  • Sporting Goods Manufacturer’s Association
  • Taylor Made Golf Company, Inc.
  • The Walt Disney Company
  • Tiffany & Co.
  • Timberland Company
  • Time Warner
  • U. S. Chamber of Commerce
  • Underwriters Laboratories Inc.
  • Universal Music Group Inc.
  • Viacom
  • Walmart
  • Walt Disney Company
  • Warner Music Group
  • Xerox Corporation
La liste révisée ne contient pas vraiment de surprises. On retrouve les habituelles et puissantes associations de défense telles que la MPAA (Motion Picture Association of America). Sont également présentes certaines instances officielles telles que la Chambre de commerce américaine et des structures liées au monde du sport comme l’Association de tennis et le Comité américain olympique.

Mais on remarquera essentiellement la présence des sociétés impliquées dans la création et la production de contenu tels que les groupes médias News Corp., CBS, Disney et Viacom, les majors EMI, Universal ou encore Warner et Sony Music. Des éditeurs sont présents, comme Marvell, ainsi que des sociétés cosmétiques telles qu’Estée Lauder et le français L’Oréal. D'autres français sont présents dans la liste : Hachette Livres et LVMH. Et dans l'informatique ? Seule une firme ayant un rapport direct se distingue : Xerox.

Rappelons que certaines sociétés ont pris activement position contre le projet de loi via notamment une lettre ouverte cosignée par AOL, eBay, Facebook, Google, LinkedIn, Mozilla, Twitter, mais également Yahoo! et Zynga Game Network. Certaines autres grosses entreprises telles qu’Apple et Microsoft ne sont pas signataires, mais agiraient dans le même sens de leur côté. Kaspersky, célèbre éditeur éponyme de solutions antivirus, avait de son côté quitté la puissante Business Software Alliance en signe de protestation.
Publiée le 28/12/2011 à 09:53
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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